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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0054 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
五百の物語と寓話 : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / 54 ページ(白黒高解像度画像)

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doi: 10.20676/00000294
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OCR読み取り結果

deux pièces de monnaie qu'elle a trouvées dans le fumier ; sui-
vant la coutume, le karmadâna avait prononcé un vœu en sa fa-
veur ; mais, comme le sthavira, c'est-à-dire le président de l'as-
semblée, n'avait pas entendu ce vœu, il formule lui-même un
souhait pour son bonheur futur. La mendiante reçoit les restes
de la nourriture du sthavira et se croit amplement récompensée
de sa bonne action. Cependant elle s'endort sous un arbre ; la
reine du royaume vient à mourir ; on cherche partout qui peut
la remplacer et le choix des devins se porte sur la pauvre men-
diante qu'un prodige (l'ombre de l'arbre qui reste immobile au-
dessus d'elle) désigne à leur attention ; cette femme devient donc
reine. Elle fait alors de grandes liberalités aux religieux ; mais
le sthavira refuse de prononcer lui-même un vœu en sa faveur et
explique sa conduite en disant que ce n'est pas la valeur intrin-
sèque de l'offrande qui importe ; les deux pièces de monnaie de
la pauvre mendiante avaient plus de prix que les riches offrandes
de la reine (1).

(Trip., XIV, 10, pp. 22 v°-23 r°.)

Un peintre du royaume de Gandhâra nommé Ki-na (Karna) a
gagné trente onces d'or après avoir travaillé pendant trois ans.
Au moment où il se dispose à rentrer dans son pays, il assiste
à une cérémonie de pancavarsa dans la ville de Fou-k'ia-lo (Pus-
kalavâti) ; il demande au karmadâna quels sont les frais que sup-
pose l'entretien des moines pendant un jour ; on lui répond que
cela coûterait trente onces d'or ; il donne aussitôt tout ce qu'il
possède et accomplit cette œuvre pie. Il rentre chez lui entière-
ment démuni d'argent. Sa femme l'accuse devant le juge. L'ar-
tiste se disculpe en exposant les motifs religieux qui lui ont dicté
sa conduite. Le juge, ravi de sa réponse, se dépouille lui-même
de ses vêtements et de ses colliers et les donne à cet homme
avec tout son cortège de chevaux de selle et de chars ; il lui at-
tribue en outre un village en apanage (2).