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0055 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / Page 55 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000294
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(*Trip.*, XIV, 10, p. 23 r°.)

Un homme nommé *Ki-yi-lo* vit dans la pauvreté avec sa
femme. Un jour il voit un notable qui va faire de grandes libé-
ralités dans un temple; la nuit venue, tandis qu'il est couché
avec la tête appuyée sur le bras de sa femme, il s'afflige de ne
pouvoir, à cause de sa pauvreté, faire des libéralités qui lui as-
sureraient le bonheur dans ses existences futures; les larmes
qu'il verse tombent sur le bras de sa femme; celle-ci se réveille
et, apprenant ce qui cause le chagrin de son mari, lui propose
de la vendre comme esclave. Mais il lui répond qu'il ne peut
vivre sans elle et tous deux se décident à se vendre ensemble au
même maître; ils vont donc emprunter dix pièces d'or à un no-
table, s'engageant à lui livrer dans sept jours leurs personnes s'ils
ne lui ont pas rendu l'argent. Le sixième jour venu, ils offrent
un repas aux religieux; cependant le roi du pays aurait voulu
inviter les religieux ce même jour; il demande au mari et à la
femme de lui céder leur tour, et, comme ils refusent avec obsti-
nation, il finit par apprendre qu'ils doivent aller se livrer le len-
demain même comme esclaves et qu'ils ne peuvent donc pas
présenter leurs offrandes aux religieux en quelque autre jour.
Ému de tant de piété et de dévouement, le roi enlève ses vête-
ments et ses colliers ainsi que ceux de sa femme pour les donner
à *Ki-yi-lo* et à sa femme, puis il leur accorde en apanage dix
bourgades (1).

(*Trip.*, XIV, 10, pp. 23 r°-23 r°.)

Un arhat, sachant par avance que son çrâmaṇera doit mourir
dans les sept jours, il lui accorde un congé pour qu'il retourne
chez lui et ne revienne qu'au début du septième jour; le jeune
homme part et, sur sa route, il rencontre des fourmis emportées
par le courant d'un ruisseau; il leur sauve la vie en les retirant
de l'eau. A cause de cette bonne œuvre, sa vie est prolongée, et,