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0105 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / Page 105 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000294
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ces mots : « Namo Buddhaya, je souhaite que vous me pro-
tégiez et que vous me fassiez revenir dans le Yen-feou-t'i
(Jambudvîpa). » Le Buddha dit à Nan-l'o : « Appliquez-
vous à observer les défenses pour vous assurer le bonheur
des devas. » Nan-l'o répliqua : « Je n'ai que faire de naître
dans la condition de deva ; mon seul désir est de ne pas
tomber dans ces enfers. » Le Buddha alors lui expliqua la
Loi et, au bout d'une période de sept jours, Nan-l'o obtint
la dignité d'arhat. Les bhikṣus s'écrièrent : « Quand
l'Honoré du monde apparaît ici-bas, c'est fort merveilleux,
c'est fort extraordinaire ! » Le Buddha dit : « Ce n'est pas
seulement aujourd'hui que cela s'est passé ; autrefois aussi
il en a été de même. » Les bhikṣus lui ayant demandé à quels
événements du passé il faisait allusion et l'ayant prié de les
leur exposer, le Buddha dit :
Autrefois il y avait un roi de Kia-che (Kâçi) nommé
Man-mien (Pûrṇamukha = plein-visage), et, dans le royaume
de Pi-t'i-hi (Videha), il y avait une courtisane d'une beauté
merveilleuse. En ce temps, ces deux royaumes se haïs-
saient l'un l'autre. Or il y eut un homme rusé qui se
rendit auprès du roi de Kia-che et parla avec admiration
de la courtisane de cet autre royaume qui avait, disait-il,
une beauté telle qu'on en voit rarement dans le monde.
Quand le roi eut entendu ces discours, son cœur en
conçut de la passion et il chargea un émissaire de faire
venir cette femme ; mais, comme l'autre royaume refusait
de la lui donner, il dépêcha un autre émissaire pour
demander qu'on lui permît de la voir pendant un moment,
promettant qu'il la renverrait au bout de quatre ou cinq
jours. Le roi de l'autre royaume donna alors des instruc-
tions à la courtisane en ces termes : « Déployez tous
vos charmes et toutes vos grâces pour que le roi de Kia-
che devienne épris de vous et ne puisse plus un seul ins-
tant être séparé de vous. » Puis il lui ordonna de partir.
Quatre ou cinq jours plus tard, il fit dire qu'on la lui ren-