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0148 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / Page 148 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000294
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la ville il n'y eut personne qui ne fût joyeux. Les ministres
calomniateurs dirent au roi : « Ces heureux prodiges sont
entièrement dus à la vertu du roi. Un homme sans sagesse
a cependant prononcé de mauvaises paroles ; il a dit qu'il
y aurait une pluie de terre et c'est des joyaux que nous
obtenons. » Tels étaient les discours trompeurs qu'ils
tinrent à plusieurs reprises. Les gens qui avaient une mau-
vaise prédestination, apprenant qu'il y avait des prodiges
excellents, accoururent tous comme des nuages. Or, aux
quatre portes de la ville, par la force de causes cachées,
des barrières de fer tombèrent en sorte qu'il n'y eut plus
aucune issue pour s'enfuir et se cacher. Alors le ciel fit
pleuvoir de la terre qui remplit toute la ville et s'accu-
mula comme une montagne. Le grand ministre, avec ceux
qui lui tenaient à cœur, sortit par le souterrain ; il se ren-
dit auprès du vénérable et lui dit : « Je suis ému de ce que
cette ville en un jour a péri ensevelie ; la terre, qui est
tombée en pluie, a formé une montagne ; le prince et son
peuple sont morts ensemble. Pour quelle cause antérieure
ont-ils subi ce malheur ? » Alors le vénérable dit à ce
grand ministre : « Écoutez-bien, écoutez-bien, je vais vous
l'expliquer :
Autrefois, il y a de cela tant et tant de kalpas, il y avait
dans le royaume la fille d'un notable qui demeurait au
sommet d'une maison à étages ; un jour que, de bon
matin, elle arrosait et balayait, elle jeta les ordures
qu'elle avait ramassées et atteignit la tête d'un bhikṣu ; elle
ne sut pas s'en repentir. Or, il arriva qu'elle se maria à un
bon époux; les autres jeunes filles lui demandèrent :
« Quel acte avez-vous commis pour obtenir cet excellent
mari ? » Cette femme leur répondit : « La seule chose que
j'ai faite a été de couvrir de poussière la tête d'un bhikṣu
en balayant l'étage supérieur de la maison. Voilà pourquoi
j'ai trouvé ce bon mari. » Les autres jeunes filles crurent
ce qu'elle leur avait raconté et rassemblèrent toutes de la