National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books
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Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 |
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riture exquise, douce et excellente, fut tout content et ne
put résister au désir de se rendre à plusieurs reprises
dans la demeure de la courtisane. Cette femme de son
côté pensait : « Ce bhikṣu observe la Loi avec une rigueur
qu'il est difficile d'égaler. » A plusieurs reprises donc, elle
lui prépara des mets friands et succulents qu'elle lui don-
nait. Les allées et venues du bhikṣu ne cessaient pas, et,
comme son instruction n'était pas encore complète, que
sa conduite n'était pas bien nette et qu'il n'avait pas encore
dompté tous les principes mauvais, en voyant la merveil-
leuse beauté de la courtisane, des idées de débauche l'agi-
tèrent et il eut envie de donner libre cours à ses passions.
Il s'approchait de la courtisane ; sa bouche lui tenait un
langage tendre et affectueux ; il se plaisait à gagner son
cœur et à causer avec elle intimement ; il ne se lassait pas
d'aller faire la quête chaque jour dans sa demeure.
En voyant sa beauté, en écoutant sa voix, ce bhikṣu
avait été troublé par des idées de débauche et avait été
plongé dans le trouble et dans la confusion sans qu'il pût
reprendre son bon sens. Or, les livres saints du Buddha
disent : « Quand les yeux voient une belle femme, on est
agité par des pensées de débauche. » En outre, l'Honoré du
Monde a dit : « Quand vous venez à voir une femme, si
elle est âgée, qu'elle soit pour vous comme une mère ; si
elle est d'âge moyen, qu'elle soit pour vous comme une
sœur aînée ; si elle est jeune, qu'elle soit pour vous comme
une sœur cadette, comme un fils, ou comme une fille. Il
vous faut observer intérieurement son corps et penser que
tout cela n'est qu'humeurs impures et qu'il n'y a là rien qui
soit digne d'être aimé ; à l'extérieur, c'est une jarre ornée
de peintures, mais à l'intérieur pleine d'ordures. Consi-
dérez que ces quatre grands éléments, la terre, l'eau, le
feu et le vent, se sont combinés par l'effet de la causalité
pour former (la femme), mais qu'il n'y a là vraiment
aucune réalité. »
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