国立情報学研究所 - ディジタル・シルクロード・プロジェクト
『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

> > > >
カラー New!IIIFカラー高解像度 白黒高解像度 PDF   日本語 English
0178 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
五百の物語と寓話 : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / 178 ページ(白黒高解像度画像)

New!引用情報

doi: 10.20676/00000294
引用形式選択: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR読み取り結果

une tenture et l'assit sur un siège à part ; puis il réunit
toute l'assemblée de ses ministres et leur dit : « Vous tous,
avez-vous vu le brahmane qui fut précédemment chassé ? »
Ils répondirent qu'ils ne l'avaient pas vu. (Le roi reprit) :
« A supposer que vous le voyiez, que faudrait-il lui faire ? »
Ils répondirent qu'il faudrait lui couper les mains et les
pieds, lui trancher les oreilles et le nez, le décapiter, le
partager par le milieu du corps, lui appliquer les cinq sup-
plices. Le roi dit : « A supposer que vous le voyiez, pour-
riez-vous le reconnaître ? » Ils répondirent qu'ils ne le
distingueraient pas. Le roi produisit la socque précieuse
et la montra à l'assemblée de ses ministres, puis il ordonna
au brahmane de sortir pour que les ministres le vissent ;
(il dit) : « (Puisque ce brahmane) m'a procuré ce merveil-
leux joyau, il faut lui pardonner. » Ses ministres lui dé-
clarèrent : « Ce brahmane a commis un crime grand
comme une montagne, grand comme la mer. On ne sau-
rait le gracier. L'offrande qu'il fait d'une seule socque ne
constitue pas une réparation suffisante. S'il retrouve la
paire, alors sa faute pourra être effacée. » Le roi approuva
cet avis et, pour la seconde fois, chassa le brahmane en
l'invitant à rechercher l'autre socque.

Le brahmane désolé, (se disait) : « Je gémissais autrefois et
voici que maintenant on m'impose de nouveaux efforts. »
Il retourna chez son ancien maître ; celui-ci lui demanda :
« Où êtes-vous allé et d'où venez-vous ? » Le brahmane
cacha ce qui s'était passé et n'osa pas le lui avouer ; il dit :
« Je reviens d'un voyage quelconque. » (Son maître) lui
remit donc la charrue, le bœuf et l'esclave et le chargea
de labourer et de semer comme précédemment. Le brah-
mane demanda alors à l'esclave : « Cette socque précieuse
que vous aviez naguère, où l'avez vous trouvée ? » L'esclave
alla avec lui pour lui montrer l'endroit où était la socque ;
ils arrivèrent au bord de l'eau et cherchèrent partout,
mais sans découvrir l'endroit où était (l'autre) socque.