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0199 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / Page 199 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000294
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obtenir une existence calme et retirée, ne pas avoir de
tourments et supprimer toutes les causes d'inquiétude.
Tandis qu'il passait sa vie avec l'ermite, se couchant et
allant dans les mêmes lieux que lui, son corps grandit et
son pelage devint frais et luisant ; il prenait de l'eau à
boire pour l'offrir à l'ermite ; il lui donnait de bons fruits
dont il ne mangeait qu'après lui ; il était partout fort dili-
gent et le servait sans jamais se relâcher. Cet ermite eut
compassion de ce petit éléphant, et, voyant sa conduite
vertueuse, il l'aima comme un fils ; il ne se lassait pas de
le contempler ; il l'admirait sans cesse.

Cependant Çakra, maître des devas, conçut alors cette
pensée : « Maintenant cet ermite ne pense qu'à ce petit
éléphant ; il ne songe qu'à lui sans se lasser. Ne faut-il pas
maintenant que je lui fasse au contraire ressentir de la
tristesse ? » Alors Çakra, maître des devas, apparut (dans
ce monde) pour éprouver l'ermite) ; en se transformant,
il fit que le petit éléphant (parût être) mort subitement et
tombé à terre tandis que tout son sang se répandait.

Quand l'ermite vit que le petit éléphant était mort, il
fut pénétré de douleur et ne put plus parler ; les larmes
sillonnaient son visage ; il ne pouvait plus se délivrer (de
son chagrin) ; d'autres ermites, ayant appris cela, vinrent
lui adresser des remontrances et des exhortations mais ne
purent dissiper son affliction ; il ne mangeait ni ne buvait
plus.

Alors Çakra, maître des devas, reprenant son propre
corps, se tint debout dans les airs et, s'adressant à l'er-
mite, prononça cette gâthâ :

Vous avez déjà renoncé au monde, — et, arrivé ici, vous
n'avez plus aucun parent. — La règle pour tous les ascètes
— est que : s'affliger d'une mort n'est pas une chose bonne.
— A supposer que, par la compassion et par les larmes, —
on pût faire revenir un mort à la vie, — tous devraient se
réunir pour se désoler ; — mais si les pleurs et les lamenta-