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0218 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / Page 218 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000294
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que vous, maître A-yi-chan-lch'e, — vous m'avez amené dans
la ville, — que vous m'avez attaché à un pieu et que vous
m'avez infligé de cruels tourments. — Maintenant encore je
ne l'ai point oublié, car vous m'avez battu fort douloureuse-
ment. — Puisque j'ai obtenu mon indépendance, — je ne
saurais plus aller me soumettre à vos tortures.

No 438.

(Trip., XIV, 5, p. 54 r°.)

Autrefois, il y a de cela des générations innombrables,
il y avait un brahmane ; son épouse se nommait Fleur de
lotus (Utpalâ) ; elle était d'une beauté fort remarquable et
son visage était merveilleux ; elle était la première des
femmes par ses formes ; rarement on en voit de telles dans
le monde ; on aurait difficilement égalé sa renommée et
sa vertu. Ce brahmane avait une servante qu'il intro-
duisait dans son intimité ; il était plein de prévenances pour
elle et ne témoignait aucun respect à son épouse Fleur de
lotus qu'il ne prenait point plaisir à voir ; il suivait au
contraire les avis de la servante.
Il emmena son épouse hors de sa demeure et alla avec
elle dans la montagne ; il monta sur un arbre geou-l'an-po
(udumbara), et se mit à cueillir tous les fruits mûrs, qu'il
prenait et mangeait ; il rejetait tous les fruits verts pour
les donner à son épouse ; celle-ci lui demanda : « Pour-
quoi mangez-vous seul les fruits mûrs et jetez vous en bas
ceux qui sont verts pour me les donner ? » Son mari lui
répondit : « Si vous désirez avoir des fruits mûrs, pour-
quoi ne montez-vous pas sur l'arbre pour les prendre vous-
même ? » Son épouse répliqua : « Puisque vous ne m'en
donnez pas, je ne pourrai pas en avoir (autrement) ; j'obéi-