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0234 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / Page 234 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000294
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n'était rien qu'il n'eût pénétré. Le roi fit édifier pour lui
un palais spécial qui était fait avec les sept substances pré-
cieuses ; des hommes et des femmes en or et en argent
se trouvaient des deux côtés de la porte ; ils tenaient dans
leurs mains des bols précieux tout remplis des sept
joyaux ; on pouvait y puiser jour et nuit et les bols rede-
venaient pleins comme auparavant. Le prince héritier,
mû par la jalousie, envoya des soldats pour piller ce pa-
lais ; mais alors cinq cents cavaliers des armées célestes
protégèrent et défendirent la demeure de Tche ; en les
voyant, les soldats de Lieou-li furent saisis de terreur,
reculèrent et s'enfuirent. Le prince héritier, fort irrité, fit
mander Tche et lui demanda : « Cette nuit j'ai envoyé des
soldats pour m'enquérir de votre santé ; mais vous aviez
des soldats cachés à l'intérieur de votre demeure ; serait-
ce que vous voulez vous révolter ? » Tche répondit : « Je
ne saurais me dispenser de nourrir des sentiments paci-
fiques. Chez moi, il n'y a pas la moindre arme de guerre. »
Lieou-li envoya faire une perquisition chez lui et on ne
trouva rien ni dedans ni dehors. L'intelligence de Lieou-
li s'ouvrit alors et il vint exposer tout ce qui s'était
passé au Buddha. Le Buddha lui dit : « La vertu que Tche
a plantée a rencontré un champ ferme et solide ; c'est
pourquoi on ne peut le dépouiller (de son bonheur). A
l'époque du Buddha Wei-wei (Vipaçyin), il y eut un homme
qui se rendit dans un temple pour y nourrir des religieux
et qui, ensuite donna un esclave et une servante pour
balayer les bâtiments du temple ; à partir de ce moment,
soit qu'il vécût en haut parmi les devas, soit qu'il fût dans
la condition humaine, cet homme reçut une prospérité
sans limites. Il n'est autre que Tche. »