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0315 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / Page 315 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000294
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frère cadet du roi répondit à celui-ci : « Le condamné à
mort, même avant que sa vie ait pris fin, ne diffère pas
d'un homme mort. Comment trouverait-il son plaisir dans
les satisfactions des cinq sens et comment ses pensées se
plairaient-elles à des vêtements et à des ornements ? »
Le roi adressa alors ces paroles à son frère cadet : « Hé !
Voici ce que j'ai à vous apprendre : Maintenant, n'ayant
qu'un seul corps, vous avez éprouvé cent sortes d'inquié-
tudes ; parce que ce seul corps allait périr, vous n'avez
plus pu jouir ni de la nourriture ni du repos. Or les çra-
manas, enfants de la race de Çâkya, sont tourmentés par la
pensée que dans le passé, le présent et l'avenir, dès qu'un
de leurs corps sera mort, ils recevront un autre corps et
que, pendant des myriades de millions de générations, leurs
corps successifs éprouveront des souffrances ; à combien
plus forte raison, quand ils réfléchissent à ces peines,
n'auront-ils pas leur esprit consumé de chagrin ? Parfois
ils songent qu'ils entrent dans les enfers pour y subir
des tortures sans limites ; même s'ils en sortent pour reve-
nir en quelque autre condition parmi les hommes, ils naî-
tront peut-être dans une famille pauvre où les vêtements
et la nourriture leur feront défaut. C'est en pensant à toutes
ces misères qu'ils sont sortis du monde pour entrer en
religion, qu'ils cherchent à atteindre au but essentiel qui
est d'échapper au monde sensible pour arriver au non-
composé (wou-wei). Mais ils savent que, s'ils ne font pas
des efforts assidus, ils retomberont dans les peines qu'ils
auront à subir à travers la multitude des kalpas. »
Alors le prince s'avança et dit au roi : « Maintenant que
j'ai reçu vos instructions, mon intelligence s'est ouverte ;
la naissance, la vieillesse, la maladie et la mort sont véri-
tablement des tourments intolérables ; les chagrins et les
souffrances ont un cours ininterrompu ; mon seul désir, ô
grand roi, est que vous me permettiez d'entrer en religion,
pour que je m'applique à pratiquer la conduite brahmique. »