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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0342 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
五百の物語と寓話 : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / 342 ページ(白黒高解像度画像)

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doi: 10.20676/00000294
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OCR読み取り結果

lers, le brahmane demanda au roi s'il n'y avait pas au
pied de ce manguier quelque petit rejeton dont il pourrait
demander qu'il lui fût fait don; le roi répondit : « Il y
avait un très grand nombre de ces petits rejetons; mais,
comme je craignais qu'ils ne fissent tort au grand arbre,
je les ai arrachés les uns après les autres; si maintenant
vous le désirez, je vous en donnerai un. »
Ainsi fut fait et le brahmane rapporta chez lui ce
rejeton, puis le planta; matin et soir il l'arrosait; de jour
en jour l'arbre devint plus grand; ses rameaux furent
abondants et forts; au bout de trois ans il produisit des
fruits qui, pour la beauté et la grosseur, valaient ceux du
manguier du roi. Le brahmane, tout joyeux, se dit :
« Mes richesses sont incalculables et ne le cèdent en rien
à celles du roi; c'était seulement parce que je n'avais pas
ce manguier que je lui étais inférieur; mais maintenant
que je l'ai obtenu, je n'ai rien à envier au roi. » Il prit
alors un de ces fruits et le mangea; mais le goût en était
fort âcre et il ne put absolument pas le manger; le brah-
mane fut plongé dans une grande tristesse; s'étant retiré,
il réfléchit que la cause de cela devait être que le sol
n'était pas assez engraissé; il prit donc le lait de cent
vaches et le donna à boire à une seule vache; puis il
recueillit le lait de cette unique vache et le fit chauffer de
manière à en fabriquer une sorte de beurre dont il
arrosa les racines du manguier; il fit journellement cet
arrosage, et, l'année suivante, les fruits se trouvèrent
être doux et excellents, tout comme l'étaient les mangues
du roi.
Cependant, sur le côté de ce manguier, vint à se pro-
duire une excroissance noueuse qui, grosse d'abord
comme le poing, devint de plus en plus volumineuse. Le
brahmane se dit que l'apparition soudaine de cette excrois-
sance pouvait faire tort aux fruits; mais, quand il voulut
l'enlever en la coupant, il craignit de faire du mal à