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0345 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / Page 345 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000294
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l'ordre que, si quelqu'un demandait à la voir, on répondit
qu'elle était malade (1). Quand le nombre normal des jours
et des mois fut résolu, elle mit au monde un garçon qui
avait un beau visage et qui tenait dans sa main un sac à
aiguilles d'acupuncture. Le brahmane déclara : « Cet enfant
est le fils d'un roi; d'autre part il tient un instrument mé-
dical; il sera certainement un roi-médecin. » Alors Fille-
de-manguier enveloppa l'enfant dans un vêtement blanc et
ordonna à une servante d'aller l'exposer dans la rue. En
conformité avec cet ordre, la servante le prit dans ses bras
et alla l'abandonner. En ce moment, le prince Wou-wei
(Abhaya) (2), était monté sur son char au point du jour
avec l'intention d'aller voir le grand roi et il avait envoyé
des gens pour faire dégager la route; or le prince aperçut
de loin sur le chemin un objet blanc; il fit arrêter son
char et demanda à ceux qui étaient auprès de lui : « Qu'est-
ce que cet objet blanc ? » On lui répondit que c'était un
petit garçon. « Est-il mort ou vivant ? » demanda-t-il.
« Bien vivant », lui répondit-on. Le prince ordonna alors
à ses gens de le recueillir, puis il chercha une nourrice
pour l'allaiter; comme il était vivant, un brahmane prit ce
petit garçon pour le rendre à Fille-de-manguier et on le
nomma Ki-yu (Jivaka).
Quand il eut atteint l'âge de huit ans, par son intelli-
gence, ses talents éminents et sa connaissance de toutes
sortes de livres, il était fort différent de la moyenne des
autres enfants. Quand il jouait avec les autres petits gar-
çons du voisinage, il les méprisait dans son cœur parce
qu'il pensait que ceux-ci ne le valaient pas; un jour, ces
petits garçons l'injurièrent ensemble en lui disant : « Fils
sans père, né d'une fille débauchée, comment vous permet-