National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books

> > > >
Color New!IIIF Color HighRes Gray HighRes PDF   Japanese English
0347 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / Page 347 (Grayscale High Resolution Image)

New!Citation Information

doi: 10.20676/00000294
Citation Format: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR Text

haute dignité; quant à moi, je désire pouvoir pratiquer
l'art de la médecine. » Le roi y consentit, puis il lui dit :
« Puisque vous n'êtes plus héritier présomptif, vous ne
pouvez plus jouir sans motif d'émoluments payés par le
roi. Il vous faut étudier la science médicale. » Le roi or-
donna alors à tous les meilleurs médecins de son royaume
de l'instruire dans toutes les recettes de leur art; mais
Ki-yu (Jivaka) ne faisait que jouer et ne recevait point
leurs enseignements ; tous ces maîtres lui dirent : « L'art
de la médecine est peu relevé : en vérité il ne saurait être
l'objet de l'étude du très honorable prince héritier. Cepen-
dant on ne saurait s'opposer aux injonctions du grand
roi; voici plusieurs mois que nous avons reçu ses ordres,
et, ô prince, vous n'avez même pas retenu la moitié d'une
phrase de nos formules ; si le roi nous interroge, que lui
répondrons-nous ? » Ki-yu (Jivaka) leur dit : « A ma nais-
sance, j'eus dans ma main l'indication que je serais méde-
cin ; c'est pourquoi j'ai dit au grand roi : « Je renonce aux
titres glorieux et je demande à étudier l'art de la méde-
cine. » Comment donc serais-je si négligent que je vous
oblige à me réprimander ? Ma conduite s'explique simple-
ment parce que votre science à tous est insuffisante pour
m'instruire. » Alors donc il prit tous les livres traitant des
plantes, des recettes médicales, de l'acupuncture et du pouls
et posa des questions embarrassantes à ses maîtres qui,
à bout d'arguments, ne surent que répondre. Tous
s'abaissèrent devant Ki-yu (Jivaka) en lui rendant hom-
mage; agenouillés et les mains jointes, ils dirent : « En
ce jour nous devons reconnaître, ô prince, que nous ne
saurions atteindre à votre divine sainteté. Toutes les ques-
tions que vous nous avez posées ont été pendant plusieurs
générations des sujets de controverse pour nos maîtres
et on ne saurait les comprendre ; nous désirons, ô prince,
que vous nous les expliquiez entièrement; et que vous
dénouiez des énigmes qui nous tourmentent depuis notre