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0349 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / Page 349 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000294
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fort bien les discerner ; il savait les cas où il fallait s'en
servir et il n'en était point que n'eût son usage en méde-
cine. Il revint donc les mains vides et se rendit auprès de
son maître à qui il tint ce langage : « O maître, il faut
maintenant que vous sachiez ceci : dans le royaume de
To-tch'a-che-lo (Takṣaçilâ), j'ai recherché, sur un front
d'un yojana de long, les plantes qui n'avaient aucun usage
médicinal ; mais je n'en ai trouvé aucune de telle ; toutes
les plantes et tous les arbres que j'ai vus, j'ai très bien pu
discerner quel en était l'usage. » Le maître répondit à K'i-yu
(Jivaka) : « Vous pouvez maintenant vous en aller ; vous
possédez parfaitement la science de la médecine. Je suis
le premier en cet art dans le Jambudvîpa, mais, après ma
mort, vous serez là pour me succéder. »
Alors K'i-yu (Jivaka) partit et se mit à soigner des mala-
dies ; toutes celles qu'il soignait guérissaient aussitôt. Sa
réputation fut connue dans l'étendue entière du royaume.
K'i-yu (Jivaka) voulut ensuite entrer dans le palais royal.
Devant la porte du palais il rencontra un jeune garçon qui
portait une charge de bois de chauffage ; dès qu'il le vit de
loin, K'i-yu aperçut entièrement les cinq viscères de cet
enfant, tels que les intestins et l'estomac, et put les dis-
tinguer nettement ; K'i-yu fit alors cette réflexion : « Dans
le livre des plantes, on parle de l'arbre roi-médecin (bhaisa-
jyarâja) qui, de l'extérieur, illumine l'intérieur et permet
de voir les viscères dans le ventre d'un homme. N'y au-
rait-il pas quelque morceau de l'arbre roi-médecin dans le
bois mort que porte cet enfant ? » Il vint donc vers l'en-
fant et lui demanda quel prix il voulait de son bois ; l'en-
fant lui ayant répondu qu'il le vendait dix pièces de mon-
naie, il paya ce prix pour faire l'acquisition du bois mort ;
l'enfant déposa ce bois par terre et tout aussitôt il devint
obscur et on ne vit plus l'intérieur de son ventre. K'i-yu
(Jivaka) fit alors la réflexion qu'il ne savait pas où se trou-
vait dans les fagots le bois roi-médecin ; il délia donc les