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0383 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / Page 383 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000294
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temps, il reprit ses sens. Ses vingt mille épouses elles
aussi n'étaient plus joyeuses.

Le roi délibéra avec ses ministres et leur demanda quelle
conduite il fallait tenir à l'égard du prince héritier. Un des
ministres répondit : « Celui qui entre avec ses pieds dans
l'écurie des éléphants, on doit lui couper les pieds ; celui
qui emmène avec ses mains un des éléphants, on doit lui
couper les mains ; celui qui a regardé avec ses yeux un des
éléphants, on doit lui arracher les yeux. » Un autre dit
qu'il fallait lui couper la tête. Tels étaient les divers avis
qu'émettaient les ministres dans la délibération. En enten-
dant leurs paroles, le roi fut grandement attristé ; il dit à
ses ministres : « Mon fils aime fort la sagesse et se plaît
à faire la charité aux gens. Puis-je l'en empêcher en l'ar-
rêtant et en l'enfermant ? » Un des grands ministres qui
se trouvaient là blâma l'avis exprimé par les autres minis-
tres et le condamna en disant : « O roi, vous n'avez que ce
seul fils et vous le chérissez fort. Pourquoi voudriez-vous
le supplicier et le mutiler ? et comment pourriez-vous avoir
une telle pensée ? » Il ajouta : « Je ne me permettrais pas
non plus de vous me permettriez, ô grand roi, à mettre le prince
héritier dans l'impossibilité d'agir en l'arrêtant et en l'en-
fermant. Bornez-vous à le chasser hors du royaume ; met-
tez-le dans une région sauvage au milieu des montagnes
pendant une douzaine d'années. Cela le ramènera à rési-
piscence. » Le roi suivit l'avis de ce grand ministre ;
il envoya donc un messager appeler le prince héritier, puis
il lui demanda : « Avez-vous pris l'éléphant blanc pour le
donner à notre ennemi? » Le prince héritier répondit qu'il
l'avait effectivement donné. Le roi reprit : « Pourquoi avez-
vous pris mon éléphant blanc pour le donner à mon ennemi
et ne m'en avez-vous pas averti ? — Auparavant déjà,
répondit le prince, j'avais obtenu de Votre Majesté l'enga-
gement que vous me permettriez de faire toutes les libéra-
lités que je voudrais et de ne vous opposer à aucun désir
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