国立情報学研究所 - ディジタル・シルクロード・プロジェクト
『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

> > > >
カラー New!IIIFカラー高解像度 白黒高解像度 PDF   日本語 English
0390 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
五百の物語と寓話 : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / 390 ページ(白黒高解像度画像)

New!引用情報

doi: 10.20676/00000294
引用形式選択: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR読み取り結果

rent à la montagne T'an-t'o ; au pied de cette montagne,
il y avait une grande rivière, si profonde qu'on ne pou-
vait la traverser. La princesse dit à son mari : « Restons
ici quelque temps jusqu'à ce que l'eau ait baissé et alors
nous la traverserons. » Il répliqua : « Le roi mon père
m'a banni dans la montagne T'an-t'o ; m'arrêter ici serait
contrevenir aux ordres du roi mon père ; ce ne serait pas
agir avec piété filiale. » Le prince héritier se plongea alors
dans l'extase (samâdhi) du cœur compatissant ; aussitôt,
dans la rivière, s'éleva une grande montagne qui divisa les
eaux comme une digue ; le prince et sa femme purent
alors passer en relevant leurs vêtements (1). Après qu'ils
eurent passé, le prince héritier fit cette réflexion : « Si nous
nous en allons en laissant les choses dans cet état, la ri-
vière débordera et fera périr les hommes, les êtres qui
rampent, ceux qui volent, ceux qui grouillent et ceux qui
remuent. » Le prince héritier revint donc sur ses pas et
s'adressa à la rivière en lui disant : « Coulez comme au-
paravant ; si des personnes veulent venir auprès de moi,
permettez-leur à toutes de traverser ». Quand le prince
héritier eut prononcé ces paroles, la rivière se remit à cou-
ler comme auparavant.

Allant plus loin, ils arrivèrent à la montagne T'an-t'o ;
le prince héritier vit que la montagne était haute et majes-
tueuse ; les arbres y étaient luxuriants ; toutes sortes d'oi-
seaux y chantaient d'une manière touchante ; il y avait là
des sources d'eau vive, des étangs purs, de l'eau excel-
lente et des fruits doux ; les oies sauvages, les hérons,
les martins-pêcheurs, les canards et toutes les variétés
d'oiseaux y abondaient. Le prince-héritier dit à sa femme:
« Regardez dans cette montagne les arbres qui s'élèvent
jusqu'au Ciel sans qu'aucun d'eux soit brisé ou endom-
magé ; nous boirons ces eaux excellentes, nous mange-