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0400 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / Page 400 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000294
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lesquels ils s'amusaient habituellement. Man-tch'e (Madrî)
s'avança en se frappant elle-même et en poussant des cris ;
l'eau de l'étang où jouaient les enfants en fut vidée et tarie.
Man-tch'e (Madrî) revint alors à l'endroit où était le prince
héritier et lui demanda où étaient les deux enfants ; le prince
héritier ne répondit pas ; Man-tch'e (Madrî) dit encore :
« Quand mes enfants me voyaient venir de loin rappo-
tant des fruits, ils tombaient à terre en courant vers moi,
puis ils se relevaient en bondissant et s'écriaient : maman
est revenue ! Quand ils me voyaient assise, ils étaient tous
deux à mes côtés ; dès qu'ils apercevaient un peu de pous-
sière sur mon corps, ils me l'enlevaient. Maintenant cepen-
dant je n'aperçois pas mes enfants, et mes enfants ne vien-
nent pas auprès de moi. Qui les a pris ? Maintenant, de ne
pas les voir mon cœur se brise. Dites-moi promptement
où ils sont et ne me rendez pas folle. » Elle répéta ces
paroles jusqu'à trois fois sans que le prince répondit rien.
Man-tch'e (Madrî) en conçut un redoublement de peine et
prononça ces paroles amères : « Je pourrais encore suppor-
ter de ne pas voir mes enfants, mais votre silence aug-
mente mon égarement. » Le prince héritier lui dit alors :
« Un brahmane est venu du royaume de Kieou-lieou ; il
m'a demandé les deux enfants et je les lui ai donnés. »
Quand la princesse eut entendu ces mots, elle éprouva une
telle émotion qu'elle tomba à terre comme une grande
montagne qui s'écroule ; elle se tordait de douleur et se
lamentait sans pouvoir s'arrêter. Le prince héritier lui
dit : « Calmez-vous un moment. Vous souvenez-vous des
faits anciens qui se passeront au temps du Buddha
T'i-ho-kiai-lo (Dîpaṅkara) (1) ? J'étais alors un brahmacârin
et je me nommais Pei-lo-wei (Vedavat ?) ; vous étiez une
fille de brahmane et vous vous nommiez Siu-lo-l'o (Su-
ratâ [2] ?) ; vous teniez sept tiges de lotus et moi j'avais à