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0032 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / Page 32 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000294
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public; je désire vous la faire épouser; y consentez-vous? »
Le fils de notable répondit : « A vos offres, ô roi, je n'op-
poserais pas un refus, même s'il s'agissait d'un chien; à
plus forte raison ne le ferai-je pas puisqu'il s'agit de votre
fille ». Aussitôt le roi lui donna sa fille en mariage; il
installa pour lui une demeure princière et lui donna cet
avertissement : « Cette fille est affreuse à voir; gardez-
vous de jamais la montrer en public; quand vous sortez,
fermez à clef la porte extérieure; quand vous êtes à la
maison, tenez close la porte intérieure. Que ce soit là
votre règle constante. »
Cependant plusieurs fils de famille, qui étaient les
amis de cet homme, faisaient des banquets et se divertis-
saient; à chacune de leurs réunions, leurs femmes
venaient prendre part; seule la femme de cet homme ne
venait pas. Alors les jeunes gens firent ensemble la con-
vention suivante : « A l'avenir, lorsque nous nous réuni-
rons de nouveau, nous comptons que chacun de nous
amènera sa femme; celui qui y manquerait sera frappé
d'une forte amende ». Ils tinrent donc une nouvelle réu-
nion; mais le fils du notable pauvre fit comme précé-
demment et vint sans amener sa femme. Les autres lui
infligèrent alors d'un commun accord une forte amende.
Ce fils de notable se soumit avec respect à la punition.
Ses compagnons refirent encore une convention aux
termes de laquelle celui qui n'amènerait pas sa femme à
la réunion qu'ils tiendraient le lendemain serait encore
frappé d'une forte amende. De la sorte notre homme fut
puni par deux et trois fois et cependant il continuait à
venir aux réunions sans amener sa femme.
Étant revenu chez lui, le fils du notable pauvre dit à sa
femme : « J'ai été à plusieurs reprises puni à cause de
vous. » Sa femme lui en demandant la raison, il reprit :
« Mes compagnons ont convenu entre eux que chacun
amènerait sa femme aux banquets. Or, pour obéir aux