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0034 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / Page 34 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000294
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la porte et revinrent à l'endroit d'où ils étaient partis.
Comme le mari n'avait pas encore repris ses sens, il lui
rendirent ses clefs en les attachant sous sa ceinture.

Quand le mari se fut réveillé, il rentra chez lui; dès
qu'il eut ouvert la porte, il aperçut sa femme qui était
d'une beauté merveilleuse; tout surpris il lui demanda :
« Quelle déesse êtes-vous, vous qui vous êtes établie dans
ma demeure? » Sa femme lui répondit : « Je suis votre
épouse Lai-li. » Comme il s'étonnait et lui demandait ce
qui était arrivé, elle lui répondit : « Je vous ai entendu
dire que vous aviez souvent été puni à cause de moi; j'en
ai conçu des regrets et j'ai songé au Buddha en l'implo-
rant et en m'affligeant; j'ai vu alors le Tathâgata qui m'est
apparu en bondissant hors de terre; en le contemplant,
j'en ai éprouvé de la joie et mon corps s'est transformé
en devenant beau. » Le fils du notable pauvre fut extrê-
mement joyeux et alla aussitôt informer le roi en lui
disant : « La personne de la fille du roi s'est transformée
spontanément et est devenue belle; maintenant, je vou-
drais vous la montrer. » À cette nouvelle, le roi fut con-
tent et fit immédiatement mander sa fille ; quand il l'eut
vue, il en éprouva de la joie. Cependant, comme il était
fort perplexe et surpris, il se rendit auprès du Buddha et
lui dit : « O Honoré du monde, pourquoi cette fille est-elle
née au fond de mon harem et a-t-elle eu un corps si laid
que les hommes étaient frappés d'horreur en la voyant?
Pour quelle cause, d'autre part, s'est-elle maintenant trans-
formée et est-elle devenue belle ? »

Le Buddha répondit au roi : « Dans les temps passés, il
y avait un Pratyeka Buddha qui chaque jour mendiait sa
nourriture. Il arriva une fois devant la porte d'un notable;
en ce moment la fille du notable vint, en apportant de la
nourriture, la présenter au Pratyeka Buddha; mais en
voyant que celui-ci était laid, elle prononça cette parole :
« Cet homme est affreux; il a le corps comme couvert