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0089 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / Page 89 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000294
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jamais rien de semblable. Pourquoi avez-vous dit au con-
traire : Qu'il vous en vienne beaucoup ! » Le Mo-ho-lo
répondit : « Dorénavant, je suivrai votre conseil. »

A quelque distance de là, il rencontra un mariage, et,
comme le lui avait enseigné celui qui suivait les funé-
railles, il dit : « Qu'à l'avenir il ne vous arrive jamais rien
de semblable. » Aussitôt les mariés, irrités de cette pa-
role, lui infligèrent une correction qui lui rompit la tête.

Il continua son chemin en marchant tout hagard à
cause des coups qu'il avait reçus. Il rencontra un homme
qui cherchait à prendre des oies sauvages, et, dans sa
terreur et son égarement, il se précipita dans ses filets et,
de la sorte, effraya et fit partir ses oies sauvages. Le chasseur
furieux se saisit de lui et le battit. Le Mo-ho-lo, souffrant
cruellement des coups qu'il avait reçus, dit au chasseur :
« En suivant le droit chemin, j'ai plusieurs fois reçu des
volées de coups ; mon esprit s'est égaré, mes pas sont
devenus titubants, et c'est ainsi que je me suis précipité
dans vos filets ; veuillez me pardonner et me laisser aller
plus loin. » Le chasseur répondit : « Vous êtes un rustre
d'aller ainsi droit devant vous la tête haute (1). Pourquoi
n'avancez-vous pas avec précaution en tâtant le terrain
avec vos mains ? »

Le Mo-ho-lo se remit en route, et, comme le lui avait
conseillé le chasseur, il tâtait le terrain avec ses mains. Or, il
rencontra en chemin un blanchisseur qui, en le voyant mar-
cher à quatre pattes, crut qu'il voulait lui dérober ses vête-
ments ; il l'empoigna donc et le battit derechef. Après avoir
enduré des souffrances extrêmes, le Mo-ho-lo lui raconta
tout ce que nous avons dit plus haut et put se faire relâcher.

Quand il fut arrivé au Jetavana, il dit au bhiksus : « Pré-