National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books

> > > >
Color New!IIIF Color HighRes Gray HighRes PDF   Japanese English
0091 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / Page 91 (Color Image)

New!Citation Information

doi: 10.20676/00000294
Citation Format: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR Text

tarde pénétrèrent dans le nez du marchand qui, malgré
tous ses efforts pour se retenir, ne put s'empêcher d'éter-
nuer violemment et se leva soudain. Les gens de l'escorte
pensèrent qu'ils avaient fait surgir un démon et, craignant
qu'il ne pût leur infliger toutes sortes de maléfices, ils fer-
mèrent la porte (du cimetière) et se tinrent contre elle
(pour qu'on ne pût la rouvrir). La princesse était dans
une situation critique, car le marchand la tenait étroite-
ment et ne la lâchait pas; le marchand lui dit la vérité et
lui déclara qu'il n'était pas un démon. Alors la princesse,
en compagnie du marchand, se rendit à la ville; elle
appela le gardien de la porte et lui dit tout ce qui s'était
passé; quoique le roi son père entendit sa voix, il conser-
vait quelques doutes; accompagné de soldats en armes, il
fit ouvrir la porte et alla voir ce qui en était; il reconnut
qu'il n'avait point affaire à un démon. Le roi dit alors :
« Le corps nu d'une fille ne doit pas être vu deux fois. »
Il donna sa fille en mariage au marchand qui fut tout joyeux
et eut des félicités sans limites.
Le Buddha dit : « Le marchand qui, en ce temps, obtint
la fille du roi, c'est Chô-li-fou (Çâriputra) ; celui à qui on
coupa les oreilles et le nez, c'est le Mo-ho-lo... »

(Trip., XIV, 10, p. 29 v°.)

Un marchand de l'Inde du Sud qui se connaissait bien en
perles parcourt divers royaumes en présentant partout une perle
dont personne ne sait discerner les qualités distinctives. Il ar-
rive enfin dans le royaume de Çrâvastî, mais ni le roi Prasenajit
ni ses ministres ne peuvent répondre à ses questions. Il apporte
alors la perle au Buddha. Celui-ci lui dit aussitôt : « Cette perle
provient de la cervelle du poisson gigantesque Makara ; le corps
de ce poisson est long de cent quatre-vingt mille li ; cette perle
se nomme solidité de diamant (vajrasâra?) ; elle a plusieurs
vertus : en premier lieu, si elle est vue par un homme empoi-