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0104 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / Page 104 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000294
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là ; mais les devis lui dirent : « Nous sommes des déesses
et vous êtes un homme. C'est après avoir abandonné votre
existence d'homme que vous reviendrez naître ici et que
vous pourrez alors demeurer en ce lieu. »
Nan-l'o revint auprès du Buddha et raconta à l'Honoré
du monde tout ce qui s'était passé ; le Buddha dit alors à
Nan-l'o : « Votre femme est-elle aussi belle que ces devis ? »
Nan-l'o répondit : « En comparaison de ces devis, elle est
comme le singe aveugle en comparaison de ma femme. »
Le Buddha ramena Nan-l'o dans le Yen-feou-t'i (Jambu-
dvipa). Nan-l'o, parce qu'il devait naître en qualité de deva,
redoubla de zèle dans l'observation des défenses. Alors
A-nan (Ânanda) prononça cette gâthâ :
De même que des béliers qui se battent — reculent pour
mieux avancer ensuite, — vous observez les défenses en
vue de vos désirs ; — il en est tout à fait de même (pour vous
que pour les béliers).
Le Buddha emmena ensuite Nan-l'o dans les enfers.
Nan-l'o y vit toutes les chaudières dans lesquelles des
hommes étaient plongés dans l'eau bouillante ; seule une
chaudière dont on attisait les bouillonnements restait
vide ; il s'en étonna et revint interroger le Buddha ; le
Buddha lui dit : « Allez vous enquérir vous même. » Nan-
l'o alla donc demander à un sbire des enfers : « Dans toutes
les chaudières bout un condamné ; pourquoi cette chaudière
seule reste-t-elle vide sans cuire aucun homme ? » On lui
répondit : « Dans le Yen-feou-t'i (Jambudvipa), il y a un dis-
ciple du Tathâgata dont le nom est Nan-l'o ; eu égard au
mérite qu'il a eu en sortant du monde, il doit obtenir de
naître dans la condition de deva ; mais, parce qu'il a aban-
donné la voie à cause de ses désirs sensuels, il tombera
dans ces enfers, quand sa longue vie de deva sera terminée,
et c'est pourquoi maintenant nous l'attendons en attisant le
feu de cette chaudière. » Saisi de terreur et craignant que
le sbire des enfers ne voulût le retenir, Nan-l'o prononça