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0118 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / Page 118 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000294
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A quelques jours de là, le roi invita le vénérable *Kia-
tchan-yen* et lui donna une nourriture grossière, puis il en-
voya des gens lui demander si la nourriture qu'il venait
de manger lui avait agréé. Le vénérable répondit : « Cette
nourriture a une force qui est pleinement suffisante. » Un
autre jour le roi lui donna de la nourriture exquise, de
goût parfait, puis il envoya des gens lui demander si elle
lui avait agréé. *Kia-tchan-yen* répondit : « Cette nour-
riture a une force qui est pleinement suffisante. » Le roi
alors demanda au vénérable : « Lorsque je vous envoie
de la nourriture, qu'elle soit grossière ou qu'elle soit
exquise, comment se fait-il que vous déclariez qu'elle est
pleinement suffisante ? » Le vénérable *Kia-tchan-yen* ré-
pondit au roi : « La bouche de l'homme est comparable à
un fourneau qui sera chauffé aussi bien avec du santal
qu'avec du fumier ; de même la bouche de l'homme, que la
nourriture qu'on y met soit grossière ou soit exquise, sera
rassasiée à sa mesure. » Puis il prononça cette gâthâ :

*Ce corps est comme un char — qui ne choisit pas entre le
bon et le mauvais ; — l'huile parfumée et la graisse malodo-
rante — réussissent également à en faire tourner faci-
lement les roues.*

Quand le roi eut entendu ces paroles, il reconnut bien
la grande vertu (de *Kia-tchan-yen*). Puis il donna aux
brahmanes de la nourriture grossière et de la nourriture
exquise. Quand les brahmanes reçurent d'abord la nour-
riture grossière, ils en conçurent tous de la colère et pro-
noncèrent avec courroux des propos injurieux. Quand en-
suite on leur donna de la nourriture exquise, ils furent
joyeux et se répandirent en louanges. Lorsque le
roi vit que les brahmanes étaient contents ou irrités sui-
vant la nourriture qu'ils recevaient, il redoubla de confiance
et d'estime à l'égard de *Kia-tchan-yen*.

Or voici ce qui arriva au vénérable : une jeune fille hors
caste (çândâlî), se trouvait demeurer dans un village de brah-