National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books
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| 0119 |
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 |
Citation Information
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manes en dehors de la ville ; elle avait de fort beaux che-
veux ; quand le moment de la retraite d'été fut arrivé,
elle éprouva le désir de faire des offrandes ; elle coupa donc
ses cheveux pour les vendre et obtint ainsi cinq cents
pièces d'or qui lui permirent d'inviter Kia-tchan-yen pour
lui faire des offrandes pendant la retraite d'été. Lorsque
la retraite fut terminée, le vénérable Kia-tchan-yen re-
tourna dans la ville.
En ce temps, dans le palais du roi Ngo-cheng il arriva qu'il
y eut un faisan mort qui était tout semblable au faisan dont
se nourrit un roi çakravartin ; le roi Ngo-cheng voulait le
manger ; cependant un ministre prudent lui dit : « Il ne faut
pas que vous mangiez immédiatement ce faisan, car il im-
porte que vous fassiez au préalable quelques essais avec
lui. » Le roi suivit ce conseil et chargea un homme de
couper un petit morceau du faisan pour le donner à un
chien ; quand le chien eut reçu ce morceau de viande, il
se plut avec tant d'avidité au goût de cette chair qu'il en
avala sa langue et mourut. On coupa encore un petit mor-
ceau de viande pour en faire un essai en le donnant à un
homme ; quand l'homme eut mangé cette chair, il en ap-
précia si fort la saveur qu'il en vint à dévorer sa propre
main et mourut. Ayant vu cela, le roi en conçut une grande
crainte ; il entendit dire que cette viande ne pourrait être
mangée que par un saint roi çakravatin ou par un homme
possédant une connaissance sans défaut et ayant obtenu
la sagesse parfaite ; il chargea donc un de ses gens d'ap-
prêter habilement de cette excellente nourriture et de l'ap-
porter au vénérable Kia-tchan-yen. Quand celui-ci eut
mangé cet aliment, son corps se trouva en excellente santé.
Le lendemain, le roi envoya quelqu'un observer comment
il se portait ; cet émissaire constata que Kia-tchan-yen
avait l'air calme et heureux, et qu'il paraissait deux fois plus
prospère qu'auparavant. Quand le roi en fut informé, il en
conçut une estime toute particulière pour Kia-tchan-yen à
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