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0133 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / Page 133 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000294
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N° 416.

(Trip., XIV, 10, p. 39 rº.)

Histoire de la femme qui, lasse des désirs
sensuels, entra en religion.

Autrefois il y avait une femme d'une beauté merveilleuse
qui entra en religion dans une secte hérétique pour pra-
tiquer la sagesse. Les gens de ce temps lui demandèrent:
« Quand on a un visage comme le vôtre, on doit rester
dans la vie séculière ; pourquoi entrer en religion ? » Cette
femme répondit : « En ce qui me concerne, si maintenant
j'entre en religion, ce n'est pas parce que je ne suis plus
belle, mais c'est parce que, depuis peu, j'ai en horreur
les désirs pervers et débauchés. Lorsque j'étais encore
dans ma famille, je fus, à cause de ma grande beauté,
mariée fort jeune et je mis au monde de bonne heure un
fils ; ce fils devint grand ; il était d'une beauté sans égale ;
mais je vins à m'apercevoir qu'il maigrissait et dépérissait
comme s'il eût été malade ; je demandai donc à mon fils
de quel mal il souffrait ; il refusa de me le dire ; cependant,
comme je ne cessais pas de l'interroger, il ne put plus se
contenir et me déclara : « Si je ne vous l'avoue pas, il est
à craindre que ma vie ne prenne fin ; si je vous l'avoue, je
serai couvert de confusion. » Il me dit alors : « Je désire
vous posséder, ma mère, pour satisfaire ma passion ; c'est
parce que je ne vous possède pas que je suis malade. » Je
lui répondis : « Jamais il n'y a eu chose pareille ! » Mais
ensuite je songeai que, si je n'accédais pas à son désir,
mon fils peut-être pourrait mourir et qu'il valait mieux
manquer à mon devoir pour sauver sa vie. Je l'appelai donc