National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books

> > > >
Color New!IIIF Color HighRes Gray HighRes PDF   Japanese English
0137 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / Page 137 (Color Image)

New!Citation Information

doi: 10.20676/00000294
Citation Format: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR Text

gens sont en présence du roi, quel est celui d'entre eux
qui ne s'écarterait de son chemin ? »
Le roi lui demanda encore ceci : « Est-ce en sortant du
monde ou en restant dans la vie laïque qu'on obtient la
sagesse ? » (Na-k'ia-sseu-na) répondit : « Des deux
manières on obtient la sagesse. » Le roi reprit : « Si on
l'obtient de l'une et de l'autre façon, à quoi bon sortir du
monde ? » (Na-k'ia-)sseu-na répondit : « Prenons une
comparaison : pour aller dans un endroit situé à trois
mille li d'ici, si vous envoyez un homme jeune et fort,
monté sur un cheval, pourvu de provisions de bouches,
et muni d'ustensiles et d'armes, cet homme pourra-t-il
arriver promptement à destination ? » Le roi ayant ré-
pondu qu'il le pourrait, (Na-k'ia-) sseu-na reprit : « Si
vous envoyez un homme vieux, monté sur un cheval éti-
que et dépourvu de vivres, cet homme pourra-t-il par-
venir à destination ? » Le roi répondit : « Même si on lui
fournissait des vivres, je craindrais qu'il ne parvînt pas (au
terme de son voyage) ; combien plus, s'il n'a pas de
vivres. » (Na-k'ia-sseu-na) dit alors : « Celui qui sort du
monde pour obtenir la sagesse est comparable à l'homme
jeune et fort ; celui qui reste dans la vie laïque pour obte-
nir la sagesse est semblable à l'homme vieux. »
Le roi posa encore la question suivante : « Maintenant
je désire vous demander ceci : Le moi qui est constitué
par les choses qui sont dans mon corps, est-il permanent
ou impermanent ? Répondez-moi d'une manière qui me
satisfasse. » (Na-k'ia-) sseu-na demanda à son tour : « Les
fruits de l'arbre ngan-p'o-lo (âmra) qui est dans le palais
du roi sont-ils doux ou acides ? » Le roi répondit :
« Dans mon palais il n'y a aucun arbre de cette sorte ; com-
ment pouvez-vous me demander si ces fruits sont doux
ou acides ? » (Na-k'ia-)sseu-na reprit : « Je vous répondrai
moi aussi de la même manière ; tout l'ensemble des cinq
viscères ne constitue point le moi ; comment pouvez-vous