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0140 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / Page 140 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000294
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(Trip., XIV, 10, p. 40 rº-vº) (1).

Chaque nuit, le roi de Bénarès entend dans le cimetière une
voix qui l'appelle. Il charge un homme brave d'aller voir ce qui
en est. Cet homme se trouve dans le cimetière en présence d'un
dieu des richesses qui lui annonce que lui-même et sept com-
pagnons viendront lui rendre visite le lendemain sous la forme
de religieux ; il n'aura qu'à frapper avec un bâton sur la tête de
chacun de ces religieux et ceux-ci se transformeront aussitôt en
autant de morceaux d'or. Le lendemain, tout se passe de la sorte.
Mais un barbier, qui a vu secrètement la scène, projette d'en
faire autant ; il invite chez lui huit religieux et assène à chacun
d'eux un grand coup de bâton. Il ne réussit qu'à les assommer
et est arrêté par les gens du roi.

(Trip., XIV, 10, p. 40 vº.)

Un vieux bhikṣu dont l'âge a émoussé les facultés intellec-
tuelles, demande à de jeunes bhikṣus de lui donner les quatre
fruits de la sainteté. Ces jeunes gens, qui veulent se railler de
lui, le font asseoir dans un coin de la chambre et lui assènent
un coup sur la tête avec un ballon de cuir en lui disant : « Voilà
le fruit de srotâpanna ». Le vieux bhikṣu est si absorbé dans sa
méditation, qu'il ne s'aperçoit pas du mauvais tour qu'on lui a
joué ; il obtient en effet le fruit de srotâpanna. La même scène
se répète pour le fruit de sakrdâgâmin, pour le fruit d'anâgâ-
min et pour le fruit d'arhat. Quand le jeu a pris fin, les jeunes
gens s'aperçoivent avec stupéfaction que le vieux bhikṣu est
effectivement devenu un arhat et ils se repentent vivement de
leur sotte conduite.