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0177 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / Page 177 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000294
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règles vous êtes-vous consacré ? Pouvez-vous me réciter
tout ce que vous avez appris ? » L'autre répondit : « Je
viens de loin ; souffrant de la faim et du froid, j'ai été dans
la détresse et j'ai oublié tout ce que je savais par cœur. »
Le brahmane songea à part lui : « Tout ce que cet homme
savait par cœur, il l'a maintenant oublié. Il est incorrigi-
ble. Il faut l'inviter à se livrer aux travaux des champs. »
Il lui donna donc un esclave ainsi qu'une charrue et un
bœuf pour qu'il labourât.

Or, le premier brahmane, en labourant et en semant,
accabla de corvées son esclave, lui ordonnant avec dureté
d'égaliser le sol et l'envoyant courir tantôt à l'Est, tantôt
à l'Ouest. Désespéré, l'esclave voulut aller se jeter à l'eau;
quand il arriva sur le bord de la rivière, il trouva une soc-
que faite des sept substances précieuses ; il songea alors :
« Si je veux donner cet objet à mon ancien maître (1),
celui-ci ne me fera aucun bien ; si je veux le donner à mon
père et à ma mère, ils ne manqueront pas de le vendre
pour avoir de quoi manger. Le brahmane (2) a été dur pour
moi et m'a chargé de corvées sans rémission ; je vais lui
faire un présent en lui offrant cette socque et je m'assu-
rerai ainsi quelque indulgence. » Il revint donc en rap-
portant la socque qu'il présenta au brahmane ; le brah-
mane tout joyeux se dit en lui-même : « Cette socque
faite des sept substances précieuses a une valeur inesti-
mable ; j'ai déplu au roi, mais, si je lui offre cette socque,
ma faute pourra être effacée. »

En conséquence, il revint dans le royaume de ce roi et
offrit la socque au souverain en exposant un profond
repentir de son crime passé et en implorant son pardon.
Le roi lui dit : « Fort bien ». Il le fit alors entrer derrière