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0183 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / Page 183 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000294
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mis; plusieurs années s'étaient écoulées sans qu'ils pussent
se réconcilier. Cet homme avisé imagina un moyen appro-
prié aux circonstances : prenant avec lui des vivres excel-
lents à offrir en présent, des boissons et des mets de
toutes sortes, il se rendit à la porte de l'un des notables en
demandant qu'il voulût bien lui donner audience. Le no-
table l'ayant admis en sa présence, il lui offrit tous les
présents de nourriture qu'il avait apportés; puis, il s'excusa
auprès de lui et lui demanda de ses nouvelles en lui disant
au nom de l'autre notable : « Lui et vous étiez autrefois
séparés l'un de l'autre ; sans que vous vous en apercus-
siez, une multitude d'hommes ont fait des machinations
perverses qui ont produit des nœuds de haine ; séparés
l'un de l'autre pendant plusieurs années, vous n'avez pas
pu causer ensemble ; il a pensé que dans une entrevue
personnelle il s'expliquerait avec vous sur ces choses pé-
nibles ; c'est pourquoi il vous envoie des boissons et des
mets qu'il vous offre en présent ; puissiez-vous les accep-
ter et ne pas lui faire de reproches. D'ailleurs lui et vous
n'avez pas d'inimitié qui vous vienne de vos pères, ni d'hos-
tilité qui vous vienne de vos mères ; aussi m'a-t-il envoyé
ici pour vous exposer ses intentions. » En entendant ces
paroles, le notable fut content et se réjouit fort en disant:
« Je désirais me réconcilier avec lui depuis déjà long-
temps ; mais je n'avais aucun ami qui pût l'informer de
mes sentiments. Que ce soit lui qui daigne avoir confiance
en moi et qui condescende à me faire savoir (ses intentions),
c'est en vérité ce que je n'aurais pas osé espérer. Je par-
tage ses excellentes pensées et j'obéis aux désirs que vous
m'apportez sans me permettre de résister. » Quand l'homme
avisé eut délivré le notable de ses soucis et qu'il en fut
clairement certain, il prit congé et se retira ; il se rendit
ensuite chez le second notable auprès de qui il agit de
même, lui expliquant et lui exposant les intentions de
l'autre comme il a été dit précédemment. Alors les deux