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0194 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / Page 194 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000294
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royaume, allèrent auprès du roi et lui rendirent compte
en détail de cette délibération, disant : « O roi, il vous
faut maintenant cesser vos libéralités ; c'est ce qu'au-
torise la Loi ; attendez que plus tard l'abondance se soit
produite, et vous recommencerez alors vos libéralités. »
Le roi leur déclara : « Je ne saurais me lasser de donner;
j'ai promulgué une ordonnance annonçant ma volonté de
faire des libéralités ; comment me mettrais-je en contra-
diction avec mes sentiments primitifs ? Si quelqu'un vient
m'adresser une requête, comment supporterais-je de lui
résister ? Si personne ne vient, alors je ne donnerai
rien. »
Aussitôt les ministres tinrent conseil et dirent : « Il
nous faut aviser à un stratagème pour le bien (du pays) et
ordonner que tous les pauvres gens ne soient pas auto-
risés à venir mendier ; ainsi nous couperons court (aux
libéralités du roi). » Or, le roi n'avait point renoncé à ses
libéralités et il avait formulé ce souhait dans son cœur :
« Puissent mes greniers ne point se vider. »
Cependant, les magistrats préposés aux lois avaient
proclamé au loin dans toutes les directions un ordre aux
termes duquel il était interdit d'aller mendier auprès du
roi ; ceux qui se permettraient de le faire seraient tous
mis à mort et on abandonnerait leur corps sur la place
publique de la ville. Les mendiants qui étaient accourus
des quatre points de l'espace dans ce royaume, n'osèrent
plus venir mendier quand ils furent informés de ces pres-
criptions rigoureuses et ne purent plus voir le roi ; tristes
et affligés, ils demandaient aux grands ministres : « Y a-
t-il vraiment une telle ordonnance ? » Ils leur demandaient
encore : « O vous qui êtes notre père et notre mère, y a-
t-il réellement ces prescriptions rigoureuses et ne pouvons-
nous plus mendier ? » Ils leur répondirent : « Le règle-
ment existe ; vous ne pouvez plus aller mendier. » Les
mendiants leur demandaient encore : « S'il y avait des