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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0209 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
五百の物語と寓話 : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / 209 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000294
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OCR読み取り結果

En ce temps, dans la famille (de l'empoisonneur), on
éprouva des pertes qu'on ne put compenser ; il fallut
recourir au mal de l'empoisonnement pour obtenir la ri-
chesse. Le beau-père et la belle-mère dirent à la jeune
épouse : « Nous vous ordonnons de tuer en l'empoisonner-
nant telle personne ; c'est là une pratique ancienne de
notre famille ; il faut vous y conformer. » En entendant
ces paroles, la jeune femme fut saisie de chagrin et dit à
son beau-père et à sa belle-mère : « Ma famille pratique la
bienveillance et n'a jamais fait de mal aux autres ; je ne
me charge point d'empoisonner et subirais plusieurs
morts plutôt que de commettre un tel crime. » Son beau-
père et sa belle-mère lui reprochèrent de se injuriant de se
refuser à recevoir leurs instructions ; ils dirent alors au
dieu du poison : « Maintenant nous avons pris chez nous
cette épouse ; mais elle n'applique pas les drogues empoi-
sonnées pour faire le mal aux hommes et elle se refuse à
nous obéir ; que faut-il faire ? » Le dieu du poison leur
répondit : « Je saurai bien la changer et faire en sorte
qu'elle ne s'oppose plus à vos instructions. » Le dieu du
poison alla donc sous la forme d'un serpent venimeux et
accourut auprès de la jeune épouse ; celle-ci eut peur et
ne sut où aller ; parfois il se montrait sur sa tête ; quand
elle mangeait, il se montrait devant elle ; quand elle buvait,
il apparaissait dans la tasse ; quand elle se couchait, il
apparaissait sur le lit ; quand elle marchait, il la poursui-
vait. Saisie de frayeur, la jeune épouse ne savait où aller ;
elle maigrit au point de n'être plus qu'un squelette ; elle
ne pouvait plus boire ni manger. Le dieu du poison lui
intima l'ordre de se livrer aux pratiques d'empoisonne-
ment en lui promettant (si elle obéissait) de la laisser tran-
quille. Comme elle était à bout de forces et ne savait que
faire, elle consentit à suivre son avis.
Sur ces entrefaites, un homme qui avait été son voisin
dans son pays d'origine arriva dans cette ville ; il vit que