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0217 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / Page 217 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000294
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A-yi-chan-tch'e, apprenant qu'il s'était sauvé dans tel en-
droit désert de la montagne, envoya des gens en les char-
geant de l'appeler pour qu'il revînt. Le singe refusa (de
venir) et, se tenant à distance il fit cette réponse : « Main-
tenant je songe encore qu'on m'a auparavant fort maltraité
et qu'on m'a fait subir toutes sortes de souffrances qu'il
serait difficile de mesurer ; dans la génération précédente,
mon père qui n'avait jamais commis aucune faute s'est vu
tourmenter ; il a été insulté d'une manière inexprimable ;
c'est pourquoi j'ai couru me réfugier dans la
montagne. » Alors A-yi-chan-tch'e alla lui-même dire au
singe : « Revenez chez moi. » Mais le singe ne soufflait
mot et se refusait (à venir). L'ermite répondit à A-yi-chan-
tch'e « Vous devriez de votre côté lui pardonner et le laisser
tranquille. » (A-yi-chan-tch'e) répliqua à l'ermite : « Je le
laisserai tranquille. » L'ermite répondit : « Comment pour-
riez-vous le faire venir de force ? Adressez-lui des exhor-
tations en l'encourageant peu à peu, et alors il ira ; si vous
prétendez le faire venir de force, peut-être ne réussirez-vous
pas. » Cet homme répondit : « Si vous aviez un moyen par
lequel vous vous proposeriez de le faire venir, je m'en irais ;
mais puisqu'il refuse d'aller (vers vous), j'aviserai moi-même
à un procédé (pour l'attirer). » Alors il chanta cette gâthâ
(en s'adressant au singe) :

Vous êtes sage, doux et bon, — comme le cerf quand il est
dans sa retraite cachée ; — si vous descendez des branches
de cet arbre, — vous pourrez ne pas mourir de faim et de
soif.

Le singe répliqua par ces gâthâs :

Vous n'avez pas été bon pour celui qui m'a engendré. —
Je connais mon propre caractère ; — d'où vient cette opi-
nion — qu'un singe est doux et sage ? — Je vais de tous
côtés — et je n'ai point encore de pensées régulières et tran-
quilles. — Si j'ai un maître pervers, — il ne pourra jamais
corriger mon esprit. — Maintenant je me remémore —