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0249 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / Page 249 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000294
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appel (à son peuple, disant) : « Si quelqu'un peut faire que
cet ermite perde ses cinq pénétrations et devienne un de
mes sujets ordinaires, je lui donnerai la moitié de mon
royaume pour qu'il le gouverne. »
En ce temps, il y avait dans le royaume de Po-lo-nai
(Vârânasî) une courtisane nommée Chan-Vo (Çântâ), qui
était belle et fort riche ; elle vint répondre à l'appel
du roi. Cette courtisane dit : « Pour ce qui est de cet
homme, je me charge de le perdre. » Quand elle eut ainsi
parlé, elle prit un plat d'or qu'elle remplit de beaux objets
précieux et dit au roi : « Je viendrai à califourchon sur cet
ermite. » La courtisane alors se procura cinq cents chars
dans lesquels, elle mit cinq cents belles femmes, et cinq
cents chars tirés par des cerfs dans lesquels elle mit
toutes sortes de pilules de joie (1) composées d'une multi-
tude de plantes médicinales ; elle emporta aussi toutes
sortes de bons vins très forts qui, par la couleur et le goût,
ressemblaient à de l'eau ; (elle et ses compagnes) revêti-
rent des vêtements d'écorces d'arbres et cheminèrent à
travers les arbres de la forêt, de manière à ressembler
à des ermites. Elles se firent à côté de la demeure de l'er-
mite des huttes de feuillages (parnaçala) et s'y instal-
lèrent.

L'ermite Unicorne (Ekacṛṅga), étant allé se promener,
les vit ; toutes ces femmes apportèrent de belles fleurs
parfumées qu'elles offrirent à l'ermite ; celui-ci en fut
joyeux ; les femmes, avec de douces paroles et des expres-
sions respectueuses, s'informèrent de la santé de l'ermite ;
elles l'introduisirent dans une chambre, l'assirent sur un
bon lit moelleux, lui donnèrent du bon vin clair qu'elles
disaient être de l'eau pure, et des pilules de joie qu'elles
disaient être des fruits. Quand l'ermite eut mangé et bu
à satiété, il dit aux femmes : « Depuis ma naissance, je