National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books
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Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 |
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ce que c'est que d'être lié ou libre. Les gens de cette sorte
n'ont plus aucune honte ; ils aiment mieux causer la mort
de ceux qui leur sont apparentés et recevoir pour leur part
le châtiment et la honte. Parfois, par leur débauche, ils
font périr leur père, leur mère, leurs frères et leurs parents
aux six degrés ; ils subissent le dernier supplice par ordre
du roi, et, après leur mort, ils endurent de sévères expia-
tions qui, de vie en vie, sont sans fin.
« Autrefois il y avait un homme qui se plaisait passionné-
ment à la débauche. Son père et sa mère n'avaient que ce
seul fils. Une nuit, à une heure où il n'y a personne de-
hors, alors qu'il faisait sombre et qu'il y avait des ton-
nerres et des éclairs, il ceignit son épée, prit en main ses
flèches et voulut aller dans le village d'une courtisane ; sa
mère s'aperçut de ce qu'il allait faire et le retint en lui
faisant des remontrances : « Maintenant les ténèbres de la
nuit sont profondes et on vous fera du mal ; à cause de
mon peu de vertu dans mes existences antérieures, je n'ai
eu qu'un seul fils ; s'il vous arrive quelque malheur, je
n'aurai plus personne en qui me confier. » Le fils répon-
dit à sa mère : « Je pars et ne puis plus rester. » La mère,
voyant que sa résolution était arrêtée, se prosterna devant
son fils ; quant à celui-ci, il tira son épée et d'un coup tua
sa mère ; puis il alla frapper à la porte de la courtisane.
Celle-ci lui répondit : « Qui êtes-vous ? » Il répliqua par
ces gâthâs :
« Devant la débauche et la colère tous les autres sentiments
s'effacent ; — l'homme est alors abusé par ses propres
idées : — il ne réfléchit plus aux effets de tous ses actes.
— et il est aveuglé par la stupidité. — Maintenant, j'ai tué
ma mère — et je suis humilié comme un esclave ; — je
reste debout en dehors de votre porte — comme un étranger
qui s'acquitte d'une commission.
« La femme lui répondit par ces gâthâs :
« Hé quoi ! vous vous êtes révolté contre celle dont la bonté
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