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0296 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / Page 296 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000294
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rent : « Qui êtes-vous ? » Comme il ne répondait rien, on
le piqua en un point avec un poinçon en fer ; il dit alors :
« Si vous voulez savoir comment je m'appelle, mettez-moi
au bord du grand chemin ; il se produira quelqu'un qui
m'appellera par mon nom. » On le prit donc et on le dé-
posa au bord de la route.
Trois jours durant il n'y eut personne qui pût l'appeler
par son nom. Mais alors survint un homme qui avait plu-
sieurs centaines de chars tirés par des chevaux jaunes ;
ses habits et ceux de ses serviteurs étaient jaunes ; il
arrêta son char et cria : « Voleur de grains, que faites-vous
ici ? » L'animal répondit : « J'ai mangé le grain d'un
homme ; c'est pourquoi il m'a pris et m'a mis ici. » Quand
ils eurent ainsi conversé pendant fort longtemps, le pas-
sant pris congé de lui et s'en alla. Le maître de maison
demanda alors à Voleur de grains : « Qui était ce person-
nage ? » L'animal répondit : « Il est l'Essence du joyau
d'or ; il demeure à trois cents pas à l'ouest d'ici, sous un
grand arbre ; vous trouverez là cent jarres de pierre
pleines d'or. »
Le maître de maison prit alors avec lui plusieurs
dizaines d'hommes et alla creuser à l'endroit indiqué ; il
trouva en effet l'or dans les jarres ; toute sa famille,
pleine de joie, s'occupa à transporter ce trésor chez lui :
il se prosterna devant Voleur de grains en lui disant : « Si
aujourd'hui j'ai trouvé tout cet or, c'est par votre bienfait,
ô grand dieu. Il vaudrait mieux que je vous garde et que
vous reveniez avec moi pour que je vous fasse des
offrandes. » Voleur de grains répondit : « Si, précédem-
ment, après avoir dévoré votre grain, j'ai refusé de
dire mon nom, c'est parce que je voulais que vous
receviez cet or en récompense (1). Maintenant il faut que