National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books

> > > >
Color New!IIIF Color HighRes Gray HighRes PDF   Japanese English
0298 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / Page 298 (Color Image)

New!Citation Information

doi: 10.20676/00000294
Citation Format: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR Text

leur fit des offrandes de nourriture en y appliquant tout
son cœur et sans rien négliger.

A quelque temps de là, cinq cents marchands qui
avaient été sur mer pour recueillir des joyaux, passèrent,
en revenant chez eux, par ce temple ; voyant les cinq cents
bhikṣus qui s'appliquaient avec énergie à tenir une con-
duite conforme à la sagesse ; ils conçurent tous de bonnes
résolutions, et délibérèrent joyeusement entre eux, disant :
« Il est difficile d'avoir l'occcasion de rencontrer un
champ producteur de bonheur ; il nous faut donc faire
quelque légère offrande. » Ils en informèrent le maître
du temple qui leur dit : « J'ai fait mon invitation pour
trois mois et il s'en faut de cinq jours qu'ils ne soient
accomplis ; après ce délai, vous pourrez faire toutes les
offrandes que vous voudrez. » Les marchands répliquè-
rent : « Nous devons partir et nous ne pouvons pas
attendre aussi longtemps. » Ces cinq cents marchands
donnèrent alors chacun une perle de manière à former
un ensemble de cinq cents perles précieuse (mani) qu'ils
confièrent au maître du temple en lui faisant cette recom-
mandation : « Quand le délai sera accompli, vous présen-
terez nos perles en offrande à cette assemblée de religieux. »

Le bhikṣu le promit et reçut donc toutes ces perles.
Mais ensuite il conçut une mauvaise pensée et médita de
tout s'approprier sans rien donner en offrande. Les reli-
gieux lui ayant dit : « Il vous faut nous présenter les
perles dont ont fait don précédemment les marchands,
puis vous nous laisserez partir, » le maître du temple
leur répondit : « C'est à moi que les marchands en ont
fait don ; si vous voulez me les ravir, c'est des excréments
que je vous donnerai ; si vous ne vous en allez pas immé-
diatement, je vous couperai les mains et les pieds et je
vous jetterai dans une fosse pleine d'ordures. » Tous les
religieux, pleins de pitié pour cet insensé, se retirèrent
un à un en silence.