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0328 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / Page 328 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000294
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N° 497.

(Trip., XXIV, 6, p. 68 r°-v°.)

Autrefois, au sud-est du royaume de Chō-wei (Çrâvastî)
il y avait un grand fleuve ; les ondes en étaient profondes
et larges ; plus de cinq cents familles habitaient sur ses
bords ; mais elles n'avaient point encore entendu parler de
la pratique de la sagesse et de la vertu qui sauve le monde ;
elles se livraient à des actes de violence et cherchaient
constamment à tromper autrui ; elles étaient avides de
gain et s'abandonnaient à toutes leurs passions ; elles
réjouissaient leur cœur et concevaient des désirs immo-
dérés. L'Honoré du monde songeait constamment qu'elles
devaient être sauvées et qu'il lui fallait aller les sauver ;
il savait que ces diverses familles avaient ce bonheur
qu'elles devaient être sauvées. Alors donc le Buddha alla
au bord du fleuve et s'assit sous un arbre ; les gens de ce
village, voyant la marque distinctive de l'éclat du Buddha,
furent émerveillés et il n'y eut aucun d'eux qui ne fût pé-
nétré de respect ; tous allèrent lui rendre hommage, les
uns en se prosternant, les autres en le saluant, les autres
en lui demandant de ses nouvelles. Le Buddha leur ordon-
na de s'asseoir et leur expliqua la doctrine des livres saints ;
quand ces hommes l'entendirent parler, ils ne le crurent
point dans leurs cœurs ; ils étaient en effet accoutumés au
mensonge et à la négligence et n'ajoutaient point foi aux
paroles véridiques. Le Buddha créa alors miraculeusement
un homme qui vint du Sud du fleuve ; ses pieds mar-
chaient sur l'eau et c'est tout juste s'il enfonçait jusqu'à la
cheville ; il vint devant le Buddha, se prosterna la tête
contre terre et l'adora ; tous les hommes en furent témoins
et il n'y eut aucun d'eux qui n'en fût stupéfait; ils deman-