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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0366 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
五百の物語と寓話 : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / 366 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000294
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OCR読み取り結果

autre stratagème, car comment pourrais-je m'en aller à la
suite de cet homme ? » Il dit alors à Corbeau : « Depuis
ce matin je n'ai rien mangé ; si je me mets en route pour
revenir, je mourrai certainement ; mieux vaut que vous
m'accordiez un peu de répit pour que je trouve dans
la montagne des fruits à manger et de l'eau à boire ; quand
je serai rassasié, j'irai à la mort ! » Voyant que K'i-yu
(Jîvâka) était un jeune garçon qui était tout effrayé par la
crainte de la mort et qui s'exprimait péniblement, Corbeau
eut pitié de lui et lui accorda ce qu'il demandait en disant:
« Dépêchez-vous de manger et nous partirons ; nous ne
pouvons rester ici longtemps. » K'i-yu (Jîvaka) prit alors
une poire et en mangea la moitié ; mais il versa dans
l'autre moitié une partie d'un poison qu'il avait mis sous
son ongle, puis il la posa à terre ; il prit en outre une
tasse d'eau, et, après en avoir bu la moitié, il fit aussi
passer dans ce qui restait de l'eau un peu du poison qu'il
avait sous son ongle ; ensuite il reposa la tasse à terre.
Puis il dit en soupirant : « Cette eau et cette poire sont
des remèdes célestes ; elles ont un parfum pur et sont
d'ailleurs exquises ; si on en boit et si on en mange, cela
fait que le corps est bien portant, que toutes les maladies
guérissent, que le souffle et la force sont en même temps
doublés ; il est regrettable qu'on ne les trouve pas sous
les murs de la capitale du royaume pour que tous les ha-
bitants puissent y avoir part, et il est fâcheux qu'elles res-
tent inconnues des hommes au fond des montagnes. » Ayant
ainsi parlé, il s'avança dans la montagne pour y chercher
d'autres fruits. Corbeau était d'un naturel glouton et il ne
savait pas se contenir pour le boire et le manger ; de plus
il avait entendu K'i-yu (Jîvaka) faire l'éloge de ces remèdes
célestes et enfin il avait vu K'i-yu (Jîvaka) lui-même en
boire et en manger, en sorte qu'il pensait que ces aliments
n'étaient certainement pas empoisonnés ; il prit donc ce
qui restait de la poire et la mangea ; il acheva de boire