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0367 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / Page 367 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000294
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l'eau ; aussitôt il fut pris d'une dysenterie qui le fit aller
à la selle comme si c'eût été de l'eau courante ; il tomba à
terre et se coucha ; chaque fois qu'il se leva, il eut aussitôt
un vertige et retomba ; il devint incapable de remuer.

K'i-yu (Jîvaka) lui dit : « Le roi a pris ma médecine, et par
conséquent, sa maladie guérira certainement ; mais main-
tenant la force du remède n'a pas encore agi et ce qui reste
du venin en lui n'est pas encore entièrement détruit ; si
j'allais maintenant vers lui, il me manquerait pas de me
tuer. Vous ignoriez cela et aviez formé le désir de vous
emparer de moi pour vous acquitter du devoir qui vous
avait été imposé ; c'est pourquoi je vous ai rendu malade.
Mais cette maladie est sans gravité : gardez-vous de remuer
et dans trois jours vous serez rétabli ; mais si vous vous
levez pour me poursuivre, votre mort est absolument cer-
taine. » Il monta alors sur l'éléphant et partit. Au premier
hameau qu'il traversa, il dit à un chef de cinq hommes :
« Il y a là-bas un messager du roi qui vient soudain de tom-
ber malade ; allez promptement le prendre et ramenez-le
chez vous ; soignez-le bien ; faites-lui une couche moel-
leuse ; donnez-lui de la bouillie et prenez bien garde qu'il
ne meure ; s'il venait à mourir, le roi détruirait votre
royaume. » Ayant ainsi parlé, il partit et s'en retourna
dans son pays. Le chef de cinq hommes se conforma aux
ordres qui lui avaient été donnés ; il alla chercher Corbeau,
le recueillit et le soigna ; au bout de trois jours, le poison
ayant été entièrement éliminé par en bas, Corbeau revint
voir le roi et, se prosternant la tête contre la terre devant
lui, il dit : « En vérité, je suis un sot et un insensé ; j'ai con-
trevenu aux recommandations de Votre Majesté et j'ai
ajouté foi aux paroles de K'i-yu (Jîvaka) ; j'ai bu et mangé
ce qu'il avait laissé d'eau et de fruits ; j'ai été ainsi atteint
et j'ai eu la dysenterie pendant trois jours ; et ce n'est
que maintenant que je vais mieux. Je sais que je mérite la
mort. »

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