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0377 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / Page 377 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000294
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kalpas, je pratiquai la pâramitâ de bienfaisance (dâna) ».
Ânanda demanda au Buddha : « Quelles sont les circons-
tances dans lesquelles vous avez pratiqué la pâramitâ de
bienfaisance ? »
Le Buddha répondit : « Autrefois, il y a de cela des
kalpas dont on ne saurait faire le compte, il y avait un
grand royaume nommé Che-po 葉波 (Cibi) ; le nom du
roi était Che-po 溫波 ; il gouvernait son royaume en ap-
pliquant les lois correctes ; il ne faisait pas tort aux gens
du peuple. Ce roi avait quatre mille grands ministres ;
il dominait sur soixante petits royaumes et huit cents
villages ; il possédait cinq cents éléphants blancs. Or ce
roi avait vingt mille épouses, mais n'avait pas un seul
fils ; il adressa donc des prières à toutes les divinités,
ainsi qu'aux montagnes et aux cours d'eau : une de ses
femmes alors s'aperçut qu'elle était enceinte ; le roi se
mit donc à l'entourer de soins ; il prescrivit qu'on lui don-
nât tout ce qu'il y avait de plus fin en fait de lit, de literie,
de boissons et d'aliments ; dès que les dix mois furent
écoulés, le prince héritier naquit. Les vingt mille femmes
du harem, en apprenant que le prince héritier était né,
sautèrent toutes de joie et le lait jaillit spontanément de
leurs seins ; c'est pourquoi on donna au prince héritier le
nom de Siu-ta-na (Sudâna). Il y eut quatre nourrices qui
entourèrent de leurs soins l'héritier présomptif : l'une
d'elles l'allaitait ; la seconde le tenait dans ses bras ; la
troisième le lavait ; la quatrième le prenait pour le faire
jouer ; quand le prince atteignit sa seizième année, il était
accompli dans l'écriture, le calcul, le tir à l'arc, l'art de
diriger un char, ainsi que dans les rites et la musique ; il
servait son père et sa mère comme s'il eût servi des divi-
nités célestes. Le roi fit pour lui un palais spécial.
Dès sa jeunesse, le prince héritier se plut à faire des
libéralités à tous les hommes qui étaient dans le monde,
ainsi qu'aux oiseaux qui volent et aux quadrupèdes qui