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0388 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / Page 388 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000294
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palais, sortit au nord par la porte de la ville ; il prit les
sept substances précieuses, les perles et les fleurs et en fit
des libéralités aux gens venus des quatre directions de
l'espace, en sorte qu'il les dépensa toutes aussitôt.
Les officiers, les gens du peuple, tous, grands et petits,
se comptant par milliers et par myriades de personnes,
vinrent offrir des présents pour souhaiter un bon voyage
à l'héritier présomptif ; ils discutaient entre eux et di-
saient : « Le prince héritier est un homme excellent : il
est le bon génie du royaume ; pourquoi son père et sa
mère chassent-ils cet enfant qui est un précieux joyau ? »
Tous ceux qui assistèrent à son départ en eurent des re-
grets. Le prince héritier s'assit sous un arbre hors de ville
et prit congé de ceux qui l'avaient accompagné en leur
disant qu'ils devaient s'en retourner. Les officiers et les
gens du peuple, tous, grands et petits, revinrent donc en
versant des larmes.
Le prince héritier, monté avec sa femme et ses deux
enfants sur un char qu'il conduisait lui-même, partit.
Quand il eut poursuivi longtemps sa marche en avant, il
s'arrêta pour se reposer sous un arbre. Alors survint un
brahmane qui lui demanda son cheval (1) ; le prince héri-
tier détela aussitôt son cheval et le lui donna ; puis il
mit les deux enfants dans le char que sa femme poussait
par derrière, tandis que lui-même, s'étant mis entre les
brancards, tirait le char en marchant. Après être allé un
peu plus loin, il rencontra derechef un autre brahmane
qui vint lui demander son char ; le prince héritier le lui
donna aussitôt. Quand il se fut avancé plus loin, il ren-
contra un autre brahmane qui lui demanda l'aumône ; il
lui dit : « Ce n'est pas que je veuille rien vous refuser,
mais tous mes biens sont épuisés. » Le brahmane répli-