National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books

> > > >
Color New!IIIF Color HighRes Gray HighRes PDF   Japanese English
0389 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / Page 389 (Color Image)

New!Citation Information

doi: 10.20676/00000294
Citation Format: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR Text

qua : « Si vous n'avez aucun autre bien, donnez-moi les
vêtements que vous avez sur votre corps. » Le prince hé-
ritier enleva aussitôt ses vêtements précieux et les lui
remit, puis il se revêtit d'un vieux vêtement. Un peu plus
loin, il rencontra un autre brahmane qui lui demanda
l'aumône et il lui donna les vêtements de sa femme ; plus
loin encore il donna les vêtements de ses deux enfants à
un autre brahmane mendiant. Ainsi, le prince héritier se
trouva avoir fait complètement don de son char, de son
cheval, de son argent, de ses biens, de ses vêtements et
cependant il n'en conçut aucun regret, ce regret ne fût-il
pas plus gros qu'un poil ou un cheveu. Le prince héritier
portant lui-même son fils, sa femme portant sa fille, ils
marchaient à pied. Le prince, sa femme et ses deux
enfants, avaient le visage paisible et étaient joyeux. Ils
s'engagèrent ensemble dans la montagne.
La montagne T'an-l'o (Danta) était à plus de six mille li
du royaume de Che-po ; elle en était donc fort éloignée,
et, pour y parvenir, ils traversèrent des marécages déserts
où ils souffrirent de la faim et de la soif. Çakra, roi des
devas Trayastriṃças, créa miraculeusement, au milieu d'un
vaste marais, une ville avec ses faubourgs, ses places, ses
quartiers, ses rues, ses ruelles, ses réjouissances ; des
vêtements, des boissons, des aliments s'y trouvaient en
abondance ; des gens sortirent de cette ville et vinrent
au-devant du prince héritier pour l'inviter à séjourner là
afin de boire, de manger et de se réjouir avec eux. La
princesse dit au prince : « Nous avons fait une fort longue
marche ; ne pouvons-nous pas nous arrêter ici un mo-
ment ? » Le prince répliqua : « Le roi mon père m'a banni
dans la montagne T'an-l'o ; rester ici serait contrevenir à
l'ordre du roi mon père ; ce ne serait pas agir avec piété
filiale. » Aussitôt donc il sortit de la ville. Quand il jeta
un regard en arrière, cette ville avait tout à coup disparu.
En continuant leur marche en avant, (les exilés) arrivè-