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0392 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / Page 392 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000294
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chait à obtenir, il déclara qu'il désirait obtenir le mahâyâna.
Le religieux lui dit : « Tels étant vos mérites, vous ob-
tiendrez le mahâyâna avant longtemps. Quand vous aurez
atteint à la sagesse sans supérieure, correcte et vraie
(anuttara samyak sambodhi), je serai votre premier dis-
ciple doué de pouvoirs surnaturels (ṛddhipâda). »
Le religieux indiqua au prince héritier un endroit où il
pourrait résider; le prince alors, prenant modèle sur le
religieux, mit un lien autour de sa tête et tressa ses che-
veux ; il but l'eau des sources et se nourrit de fruits; puis
il ramassa des branchages pour en faire une petite hutte
de feuillage (parṇaçâlâ); en même temps, il fit trois huttes
de feuillage destinées respectivement à Man-tch'e (Madri)
et à ses deux enfants. Le garçon se nommait Ye-li (Jâli); il
était âgé de sept ans ; il portait des vêtements faits avec
des herbes et accompagnait toujours son père. La fille
s'appelait Ki-na-yen (Kṛṣṇâjinâ); elle était âgée de six ans;
elle portait des vêtements en peau de cerf et accompagnait
toujours sa mère. Dans la montagne, les oiseaux et les
quadrupèdes étaient tous joyeux et mettaient leur confiance
dans le prince héritier. Quand celui-ci se rendait en
quelque lieu pour y passer une nuit, les cavernes et les
étangs produisaient de l'eau de source, et sur tous les
arbres desséchés poussaient des fleurs et des feuilles; tous
les insectes et les animaux malfaisants disparaissaient;
les carnassiers se mettaient d'eux-mêmes à manger des
herbes; les divers arbres fruitiers avaient spontanément
des fruits abondants; les oiseaux de toutes sortes faisaient
un concert et gazouillaient à l'unisson. Man-tch'e (Madri)
s'occupait d'aller recueillir les fruits pour donner à manger
à l'héritier présomptif ainsi qu'à son fils et à sa fille. Quant
à ces deux enfants, parfois aussi ils s'en allaient en quittant
leur père et leur mère; ils allaient jouer avec les animaux
sur le bord de la rivière et parfois ils y passaient la nuit.
Une fois, en guise de jeu, le garçon Ye-li monta à cheval