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0394 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / Page 394 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000294
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et les gens ne se moqueront plus de moi. » Son mari lui
répondit : « Je suis extrêmement pauvre ; où voulez-vous
que je trouve une esclave? » Sa femme répliqua : « Si vous
n'allez pas me chercher une esclave, je m'en irai et ne
demeurerai plus avec vous. » Elle ajouta : « J'ai toujours
entendu dire que le prince héritier Siu-la-na (Sudāna)
pour avoir exercé une libéralité excessive, avait été banni
par le roi son père dans la montagne T'an-t'o ; or, il a un
fils et une fille ; allez et demandez-lui de vous les donner. »
Le mari objecta que la montagne T'an-t'o était à plus de
six mille li de distance et qu'il n'y avait pas d'autre moyen
que d'aller dans cette montagne pour adresser une telle
demande au prince ; mais sa femme lui dit : « Si vous ne
me cherchez pas une esclave, je me tuerai en me coupant la
gorge. — J'aimerais mieux, lui répondit son mari, périr
moi-même plutôt que de causer votre mort. » Il ajouta :
« Si vous voulez que je fasse ce voyage, il faut que vous me
donniez des provisions de route. » A quoi sa femme ré-
pondit : « Partez seulement ; je n'ai aucune provision. »
Le brahmane prépara donc lui-même quelques provisions,
puis il se mit en chemin.
Il atteignit d'abord le royaume de Che-po et, arrivé en
dehors de la porte du palais, il demanda au portier : « Où
se trouve maintenant le prince héritier Siu-la-na (Sudā-
na) ? » Le portier entra aussitôt pour informer le roi qu'un
brahmane était dehors et demandait à voir le prince héri-
tier. A cette nouvelle, le roi fut ému et dit avec irritation :
« C'est uniquement à cause de cette engeance que j'ai
banni le prince héritier; pourquoi maintenant de tels
hommes viennent-ils encore ? » Il ajouta, en se servant
d'une image : « Ceci est comparable à un feu qui se consu-
mait lui-même, mais auquel on rajoute des branches
sèches ; mon chagrin est semblable au feu qui se consu-
mait; la venue de cet homme demandant à voir le prince
est semblable aux branches sèches qu'on ajoute. » Le brah-