国立情報学研究所 - ディジタル・シルクロード・プロジェクト
『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

> > > >
カラー New!IIIFカラー高解像度 白黒高解像度 PDF   日本語 English
0406 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
五百の物語と寓話 : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / 406 ページ(カラー画像)

New!引用情報

doi: 10.20676/00000294
引用形式選択: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR読み取り結果

légumes et des racines ; il se couvre d'une étoffe grossière
qui lui tient lieu de vêtement ; les cent sortes d'oiseaux
le distraient et son cœur est exempt de tout chagrin. »
Le roi ayant renvoyé le brahmane, les enfants lui dirent :
« Ce brahmane souffre beaucoup de la faim et de la soif ;
nous désirons que vous lui donniez un repas. » Le roi
leur demanda : « N'êtes-vous donc pas fâchés contre lui?
pourquoi vous inquiétez-vous encore de lui procurer à
manger ? » Les enfants répondirent : « Notre père se
plaisait à la sagesse, mais il n'avait plus rien dont il pût
se servir pour faire la charité. Ce brahmane lui a demandé
de nous donner à lui et ainsi il est devenu notre maître ;
nous n'avons point encore pu être ses serviteurs de ma-
nière à contribuer à l'accomplissement des sages inten-
tions de notre père. Comment pourrions-nous mainte-
nant le voir souffrir de la faim et de la soif sans éprouver
des sentiments affectueux et bons à son égard? Puisque
notre père avait donné ses enfants à ce brahmane, com-
ment, ô grand roi, pourriez-vous lui refuser un repas? »
Le roi offrit donc à manger au brahmane qui, après s'être
rassasié, s'en retourna tout joyeux.
Le roi envoya alors un messager chercher en toute hâte
le prince héritier et le faire revenir ; en conformité avec
ces instructions, le messager alla chercher le prince héri-
tier ; il fut arrêté par la rivière qu'il ne pouvait franchir,
mais il n'eut qu'à songer au prince héritier et il put aus-
sitôt la traverser ; arrivé auprès du prince héritier, il lui
communiqua l'ordre du roi en lui disant qu'il devait
promptement revenir dans le royaume et que le roi dési-
rait vivement le voir. Le prince héritier répondit : « Le
roi m'a banni pour douze années dans la montagne et il
s'en faut encore d'une année que le terme ne soit arrivé ;
quand cette année sera accomplie, je reviendrai. » Le
messager retourna dire au roi ce qui s'était passé ; le
roi écrivit alors de sa propre main une lettre pour être