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0408 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.3 / Page 408 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000294
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de saveurs et les ait présentés à quelqu'un ; si cette der-
nière personne, après les avoir mangés, les vomit à terre,
comment ces aliments seraient-ils encore parfumés et
purs ? Pourrait-on les remanger ? Maintenant, les libéra-
lités que j'ai faites sont comparables à ce qui a été vomi ;
je ne puis en aucune façon les reprendre. Montez promp-
tement sur l'éléphant et retournez exprimer mes remer-
ciements à votre roi. On vous a bien fatigués, ô envoyés,
pour que vous veniez au loin prendre de mes nouvelles. »
Alors donc les émissaires montèrent sur l'éléphant et s'en
retournèrent rapporter au roi ce qui s'était passé. A cause
de cet éléphant, le souverain hostile de ce pays rival se
transforma en un homme bienveillant et bon ; lui-même,
ainsi que tout son peuple, conçurent la pensée des pâramitâs sans supérieures et égales pour tous.
Le roi, père du prince héritier, monta sur un éléphant
pour sortir à la rencontre de son fils. Le prince héritier
s'avança aussitôt et lui rendit hommage en mettant son
visage contre terre ; puis il revint à la suite du roi ; tous
les gens du peuple étaient transportés de joie ; ils répan-
daient des fleurs, brûlaient des parfums, suspendaient
des oriflammes et des dais en soie et faisaient couler sur
le sol des essences parfumées pour accueillir le prince-
héritier. Celui-ci entra dans le palais et alla aussitôt
devant sa mère ; la tête contre terre, il lui rendit hom-
mage et lui demanda comment elle se portait. Le roi con-
fia au prince héritier tous ses trésors ; le prince en fit
des libéralités à son gré et fut plus charitable encore que
précédemment. Comme sa charité ne se lassait pas, il
obtint par là de devenir Buddha.
Le Buddha dit à Ânanda : « Telle est la manière dont j'ai
pratiqué la charité dans une de mes existences anté-
rieures. Le prince-héritier Siu-ta-na (Sudâna), c'est moi-
même. Celui qui en ce moment était le roi son père, c'est
maintenant mon père, le roi Yue-l'eou-l'an (Çuddhodana) ;