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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0207 Cinq Cents Contes et Apologues : vol.4
五百の物語と寓話 : vol.4
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.4 / 207 ページ(白黒高解像度画像)

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doi: 10.20676/00000294
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OCR読み取り結果

caravane vint d'un pays lointain. Tandis que les rues étaient bon-
dées d'hommes et de chevaux : et au milieu de la précipitation et
de la cohue, le voleur passa avec deux chars remplis de bois sec
et les versa sur le cadavre. Tout fut rapporté au roi qui donna
cet ordre : «Si quelqu'un vient mettre le feu (au bûcher), saisis-
sez-le et, après l'avoir lié, envoyez-le moi !» Cependant le voleur
avait dressé un jeune garçon : celui-ci s'en allait avec une torche,
dansant et s'amusant. Profitant d'un moment où la foule était
nombreuse, il jeta la torche dans le bois sec qui flamba et se
consuma. Les gardiens, qui ne s'étaient doutés de rien, en infor-
mèrent le roi. Il leur donna cet ordre : «Redoublez de vigilance.
Veillez strictement sur les os !» Cependant le voleur avait préparé
du vin capiteux, très fort. Il se rendit auprès des gardiens et leur
en offrit un peu en vente. Les gardiens, qui avaient depuis long-
temps faim et soif, n'eurent pas plus tôt vu le vin qu'il en burent
tous. En ayant bu trop, ils s'endormirent du sommeil de l'ivresse.
Le voleur en profita pour emplir les bouteilles de vin avec les os;
puis il s'esquiva. Les gardiens, qui ne s'étaient doutés de rien, en
informèrent le roi. Il leur dit : «Par tous les moyens je lui ai
tendu des pièges, mais ce voleur est plein de ruses. Pourtant j'ai
encore un plan.» En conséquence le roi fit venir sa fille et la
para de colliers de perles et de pierreries. Il la plaça dans un
pavillon auprès du grand fleuve. De nombreux gardiens la sur-
veillaient et avaient l'œil sur elle sans relâche. Pour le cas où un
galant pénétrerait auprès de la princesse, celle-ci avait pour instruc-
tion de le saisir et d'appeler les gardiens qui s'en empareraient.
Quelque temps après, une certaine nuit, le voleur arriva furtive-
ment. Il fit descendre par le courant un tronc d'arbre, fit un
grand bruit et courut se cacher. Les gardiens accoururent alar-
més, car ils croyaient qu'il y avait un homme suspect. Mais ils
ne virent qu'un tronc d'arbre. Il répéta plusieurs fois le même
manège. Les gardiens finirent par s'endormir. Alors le voleur
s'assit sur un tronc d'arbre et parvint au pavillon de la princesse.
La princesse le saisit par sa robe. Le voleur dit à la princesse :
«Prends plutôt mon bras !» car il s'était pourvu d'avance du bras