国立情報学研究所 - ディジタル・シルクロード・プロジェクト
『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ
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| 0143 |
Cinq Cents Contes et Apologues : vol.4 |
| 五百の物語と寓話 : vol.4 |
引用情報
OCR読み取り結果
chasseurs et se cachait incessamment. En ce temps, les animaux
pouvaient converser entre eux; or il y eut un corbeau qui vint à
l'endroit où était le roi-cerf et qui conçut pour lui des sentiments
d'affection. Il lui tint ce langage : «Mon oncle, pourquoi mangez-
vous des herbes en étant craintif?» Le roi-cerf couleur d'or lui
répondit : «Je suis beau; je redoute que, si les chasseurs me
voient, ils ne me tuent; voilà pourquoi, lorsque je mange des
herbes, mon cœur est toujours plein de crainte.» Le corbeau lui
répondit alors : «Moi aussi, pendant la nuit, je crains le hibou :
que moi et vous, ô mon oncle, à partir de maintenant, nous nous
protégions l'un l'autre; pendant le jour, je me percherai sur un
arbre élevé et j'observerai ce qui arrive de bon ou de mauvais;
s'il se produit quelque chose, je vous en avertirai; mais, pendant
la nuit, c'est vous qui devrez observer si quelque chose se produit
et m'avertir.»
Dans le royaume, il y avait un grand fleuve qui se trouvait au
bord d'une forêt; or, deux hommes qui avaient une querelle an-
cienne se rencontrèrent soudain (dans la forêt); l'un d'eux, qui
était plus fort, chargea de liens son ennemi et le jeta dans le
fleuve; le courant était violent et l'homme allait à la dérive et se
noyait; il cria alors : «Si quelqu'un peut me secourir et me
prendre, je serai son esclave.» Cependant le roi-cerf était venu
avec cinq cents de ses parents au bord du fleuve pour y boire;
quand il entendit ces cris, il en conçut de la compassion et il
entra dans l'eau pour sauver l'homme qui se noyait. Le corbeau
vint alors auprès de lui et lui dit : «Cet animal à tête noire n'a
aucun sentiment de bienfaisance et de justice; il ne faut pas le
sauver : s'il parvient à être sauvé du péril, certainement, ô roi-
cerf, il vous perdra.» Mais le roi-cerf, à cause de ses sentiments
de compassion, ne suivit pas les avis du corbeau : il alla auprès
de l'homme qui se noyait, le prit sur son dos et le fit sortir du
fleuve; quand il fut arrivé sur le rivage, il détacha avec sa bouche
les liens qui l'enserraient, puis il attendit qu'il eût repris ses sens
et lui dit : «Apprenez que voici le chemin pour retourner chez
vous, il vous faut partir sain et sauf.» Alors l'homme qui avait
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