National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books
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| 0039 |
Le T'ai Chan : vol.1 |
| The Tai Shan : vol.1 |
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vées, non seulement sur l'autel du sacrifice *fong* au sommet
de la montagne, mais encore sur l'autel du sacrifice *fong*
au bas de la montagne et sur l'autel du sacrifice *chan*.
Comme on le voit, les cérémonies *fong* et *chan* célébrées
l'une sur le *T'ai chan*, l'autre sur la colline *Chô-cheou*,
s'adressaient l'une au Ciel, l'autre à la Terre. Si on a choisi
le sommet du *T'ai chan* pour y placer un message au Ciel,
c'est sans doute pour que ce message fût plus près de son
lieu de destination ; et si on a déposé la prière à la terre sur
la colline *Chô-cheou*, c'est apparemment parce que cette
petite éminence forme comme le centre de la plaine environ-
nante. Cependant cette constatation ne suffit pas à expliquer le
caractère particulier des cérémonies *fong* et *chan* qui, con-
trairement à ce qui a lieu en général pour les divinités
célestes et chthoniennes, ne brûlent ni n'enfouissent la prière
adressée au dieu, mais se bornent à l'emballer avec des
précautions infinies. Je proposerai, pour résoudre le problème,
l'hypothèse suivante : dans les cérémonies *fong* et *chan*, le
*T'ai chan* et la colline *Chô-cheou* ne sont pas choisis
seulement à cause de leur configuration physique qui les
rapproche, l'un du Ciel, l'autre de la Terre ; ils interviennent
en tant que divinités ; ils jouent le rôle d'intermédiaires
entre le souverain des hommes et le Ciel ou la Terre ; la
prière qui est adressée au Ciel, on la confie au dieu du
*T'ai chan*, et, la prière qui est adressée à la Terre, on la
confie au dieu du *Chô-cheou*, pour qu'ils les fassent parvenir
à leurs destinataires respectifs. Dès lors la forme que revêt
la cérémonie devient intelligible ; les tablettes impériales ne
sont ni brûlées ni enfouies parce qu'elles ne sont envoyées
directement ni au Ciel ni à la Terre ; elles sont remises en
dépôt, les unes au *T'ai chan*, les autres au *Chô-cheou* qui
se chargeront de les transmettre ; voilà pourquoi on les
empaquète soigneusement comme on ferait d'un objet qu'on
confierait à un messager. Tel est, à mon avis, l'explication
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