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0469 Le T'ai Chan : vol.1
The Tai Shan : vol.1
Le T'ai Chan : vol.1 / Page 469 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000293
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à l'égal du fleuve et de la montagne par excellence. D'autre
part, l'expression *T'ai chan pei teou* 泰山北斗, ou
simplement *chan teou* 山斗, désigne un homme éminent
parce que les termes de comparaison qui paraissent les
mieux appropriés pour donner l'idée de sa supériorité sont
la montagne et la constellation les plus remarquables; les
mots *chan teou* 山斗, qu'on grave de nos jours au-dessus
de nombre d'inscriptions funéraires, n'ont pas d'autre sens
et sont un éloge suprême du défunt. Enfin, c'est une tournure
de langage qu'on rencontre fréquemment dans le journalisme
actuel de dire „calme du *T'ai chan*" 泰山之安 pour
indiquer un état de calme absolu.

Ces façons de parler nous attestent que l'idée qu'éveille
dans l'esprit chinois la vue du *T'ai chan*, du Fleuve Jaune
ou de la Grande Ourse est celle de majesté et de péren-
nité. Mais il y a plus, et on peut discerner que cette idée
a pour conséquence un état d'âme proprement religieux.
En effet, le spectacle des forces de la nature suscite chez
l'homme un sentiment qui explique la genèse de certaines
conceptions religieuses. En reconnaissant, par comparaison
avec quelqu'une des puissances colossales dont il est entouré,
combien sa propre personne est faible et transitoire, l'homme
éprouve une impression d'écrasement; il se prosterne et il
adore. L'objet de sa vénération peut varier suivant les
peuples et suivant les époques; mais, que ce soit un dieu
unique et transcendant dont les cieux étoilés racontent la
gloire, que ce soit un Panthée dont nous entendons la
grande voix sur

La haute rive où gronde et pleure
L'océan plein de Jéhovah ¹),

que ce soit enfin plus simplement la montagne même, ou